Le phage infecte sa bactérie cible et la tue. © evve79, Fotolia

Santé

Antibiorésistance : comment l'histoire de Tom Patterson a relancé la phagothérapie aux États-Unis

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L'universitaire Tom Patterson a été sauvé par des phages en 2016, ce qui a marqué le début de la renaissance de la phagothérapie dans ce pays. L'université de Californie à San Diego a décidé d'investir dans la phagothérapie avec un nouveau centre de recherche.

Des bactériophages pour contrer les bactéries résistantes aux antibiotiques  Les antibiotiques sont de moins en moins efficaces car les bactéries sont de plus en plus résistantes. L’Institut Pasteur travaille donc au quotidien sur des solutions dont l'une utilise les bactériophages, des virus n'infectant que les bactéries. Laurent Debarbieux, responsable du groupe Interactions bactériophages-bactéries chez l’animal, nous en parle plus en détail durant cette interview. 

Fin 2015, Tom Patterson et Steffanie Strathdee, un couple d'universitaires américains, passaient leurs vacances en Égypte, quand Tom est tombé malade, à cause d'une pancréatite. Son état s'est aggravé avec une infection à Acinetobacter baumanii multirésistant aux antibiotiques. Il est rapatrié aux États-Unis mais, à l'hôpital, des bactéries se déversent dans son abdomen et sa circulation sanguine. Il fait un choc septique et tombe dans le coma en janvier 2016. Il risque de mourir.

Steffanie veut trouver un moyen de sauver son mari et entend parler de la phagothérapie : il s'agit d'utiliser des phages, des virus tueurs de bactéries, pour venir à bout d'une infection. Elle cherche de l'aide auprès de son collègue de l'université de Californie à San Diego, Robert Schooley. Des phages sont trouvés grâce à l'université du Texas A & M et la biotech AmpliPhi ; la FDA autorise un traitement par phagothérapie en urgence. C'est un succès ! En août 2016, Tom quitte l'hôpital, il est guéri.

Le retour de la phagothérapie aux États-Unis

Suite à cette expérience réussie, les mêmes scientifiques ont traité cinq autres patients. Steffanie Strathdee a été reconnue par le magazine Time comme l'une des 50 personnalités les plus influentes en santé en 2018.

En juin 2018, la faculté de médecine de l'université de Californie à San Diego a annoncé la création d'un centre qui travaillera sur la phagothérapie : l'IPATH (Center for Innovative Phage Applications and Therapeutics) bénéficiera d'un budget de 1,2 million de dollars. Les 29 et 30 janvier 2019, se tiendra à Washington un congrès sur la phagothérapie : Phage Futures.

Marie-Céline Ray est l'auteur du livre "Infections, le traitement de la dernière chance" aux éditions Thierry Souccar.

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