Selon deux nouvelles études américaines, les traumatismes crâniens répétés seraient liés à un risque plus important de développer la maladie d'Alzheimer.
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Les lésions cérébrales traumatiques augmenteraient le risque de troubles cognitifs et de démencedémence, selon deux études américaines distinctes présentées lundi à Paris à l'occasion de la Conférence internationale de l'Association Alzheimer (AAIC).

La relation entre un traumatisme crânien et le risque de démence reste obscure, certaines études suggérant que le risque est accru, d'autres ne trouvant aucune relation.

Un taux de démence plus élevé après des traumatismes crâniens

L'équipe de Kristine Yaffe (université de Californie, San Francisco) a analysé les dossiers médicaux de 281.540 vétérans américains âgés de 55 ans ou plus, chez qui la démence n'avait pas été diagnostiquée au début de l'étude.

Elle a montré que le risque de développer une démence pendant la duréedurée de l'étude (sept ans) était plus que doublé chez les vétérans atteints d'une lésion cérébrale (15,3 % contre 6,8 % chez ceux qui ne l'étaient pas).

« Les données laissent à penser que le traumatisme crânio-encéphalique (TCE) chez les vétérans âgés pourrait les prédisposer au développement d'une démence symptomatique. Elles suscitent des inquiétudes quant aux possibles conséquences sur le long terme des TCE chez les vétérans plus jeunes », a déclaré Kristine Yaffe, citée dans un communiqué de l'AAIC.

Les chutes et accidents de la circulation entraînent un traumatisme crânio-encéphalique qui augmente le risque de maladie d'Alzheimer. © Doulkeridis Book, Flickr by sa 2.0

Les chutes et accidents de la circulation entraînent un traumatisme crânio-encéphalique qui augmente le risque de maladie d'Alzheimer. © Doulkeridis Book, Flickr by sa 2.0

Pour les chercheurs, la question est importante, car le TCE est courant, notamment à la suite de chutes ou d'accidentsaccidents de la circulation. « Le TCE est également considéré comme la blessure typique des conflits en Irak et en Afghanistan où elle touche 22 % des victimes et 59 % des blessures liées aux explosions », a souligné le professeur Yaffe. Plusieurs mécanismes pourraient expliquer cette augmentation du risque.

Selon les chercheurs, on trouve ainsi des plaques amyloïdesplaques amyloïdes semblables à celles présentes dans les cerveaux des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer dans jusqu'à 30 % des patients atteints de TCE qui ne survivent pas à leurs blessures, quel que soit leur âge.

Les conséquences des troubles cognitifs

Une autre étude a été conduite par le Pr Christopher Randolph (Loyola University Medical Center, Chicago) chez d'anciens joueurs de football américain. Cinq cent treize membres à la retraite de la National Football League Players' Association ont répondu en 2008 à une enquête ciblant particulièrement des problèmes de mémoire (y compris un questionnaire de dépistagedépistage de la maladie d'Alzheimermaladie d'Alzheimer appelé AD8).

Un peu plus de 35 % des répondants (âge moyen de 61 ans) présentaient un score AD8 laissant envisager une possibilité de démence. À titre de comparaison, selon le rapport 2011 de l'Association Alzheimer, 13 % des Américains âgés de 65 ans et plus sont atteints de la maladie d'Alzheimer.

Les chercheurs ont utilisé les données de l'enquête pour identifier d'anciens joueurs souffrant possiblement de troubles légers de la cognitioncognition (troubles de la mémoire, du langage...). Ils ont trouvé que les anciens athlètes étaient davantage touchés par rapport à des individus présentant les mêmes caractéristiques sociodémographiques, mais sans passé de sportif professionnel.

Selon les chercheurs, ces résultats, encore considérés comme préliminaires, confortent l'hypothèse que des traumatismes crânienstraumatismes crâniens répétés pendant de nombreuses années de pratique du football américain peuvent entraîner une expression plus précoce des maladies neurodégénérativesmaladies neurodégénératives liées à l'âge, comme la maladie d'Alzheimer.