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L’acupuncture aiderait à diminuer la sévérité de la dépression

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Combinée aux traitements habituels, l'acupuncture contribue à diminuer la sévérité des symptômes de la dépression. Il en va de même pour le « counseling », pratique psychologique d'origine anglo-saxonne.

L'acupuncture nous vient de la médecine traditionnelle chinoise. Elle consiste à placer des aiguilles à des endroits très précis du corps. Cette technique pourrait aider à lutter contre la dépression... © Renato Ganoza, Flickr, cc by 2.0

Dans le monde, la dépression concerne 350 millions de personnes et n'a donc rien d'anecdotique. Pourtant, ce trouble de l'humeur reste difficile à soigner parce que tous les patients ne répondent pas de la même façon aux différents traitements proposés, tandis que quelques-uns ne trouvent pas du tout la solution à leur problème. Les antidépresseurs ne fonctionnent pas toujours : dans 60 % des cas, la première prescription n'améliore pas la situation. À ceux-ci, il faut ajouter les malades qui préfèrent ne pas consommer de médicaments et se limiter aux psychothérapies habituelles pour retrouver la joie de vivre.

Des scientifiques britanniques de l'université d’York, Hugh MacPherson en tête, ont cherché des alternatives à ces traitements usuels de la dépression. Leurs investigations se sont tournées vers deux pratiques utilisées ponctuellement contre le trouble mental, mais dont on n'a que peu de données sur l'efficacité réelle : l'acupuncture et le counseling, technique thérapeutique humaniste au cœur de laquelle on place l'individu, invité à voir ses points forts plutôt que de se focaliser sur ses faiblesses.

Ainsi, les auteurs de ce travail publié dans Plos Medicine ont recruté 755 participants qu'ils ont scindés en trois groupes. Dans le premier, 302 personnes dépressives devaient poursuivre les traitements et les psychothérapies qu'elles avaient déjà entamés, et bénéficiaient en plus de séances d'acupuncture durant 12 semaines. Dans le deuxième, doté du même nombre de patients, les consignes restaient les mêmes, seul changeait le complément : le counseling plutôt que l'acupuncture. Enfin, dans le dernier lot, les 151 individus restants se limitaient aux consignes de leurs thérapeutes.

L’acupuncture, un outil supplémentaire contre la dépression

Pour juger de la sévérité des dépressions, les scientifiques ont eu recours à une échelle étalonnée de 0 à 27, les scores les plus élevés caractérisant les formes les plus graves. En moyenne, les participants obtenaient un score de 16 avant le début de l'étude, classé comme une forme modérément sévère de la maladie. Après les trois mois de traitements, tous les groupes ont connu une amélioration, plus ou moins marquée.

La dépression concerne plus de 350 millions de personnes dans le monde. Et contrairement à ce que l'on a pensé pendant longtemps, elle touche autant les hommes que les femmes. © Dnf-Style, StockFreeImages.com

Ceux ayant bénéficié de l'acupuncture en plus des thérapies usuelles sont descendus à 9, indiquant une forme bénigne de la maladie. Avec le counseling, les progrès se sont révélés un peu moins nets, les patients obtenant un score de 11. Le groupe témoin, lui, n'a atteint que 13, ce qui illustre malgré tout un progrès puisqu'ils arrivent à des niveaux associés à la dépression modérée.

Cet avantage procuré par l'acupuncture et le counseling s'est prolongé sur les trois mois suivants, avant que les bénéfices ne s'estompent neuf mois après le début du traitement.

Tous aussi sensibles à l’acupuncture ?

Pour la première fois, une étude démontre l'intérêt de la technique ancestrale chinoise dans le traitement de la dépression. Mais avec une efficacité malgré tout limitée. Pour un patient qui guérit, il y en a six autres qui ne sortent pas complètement de leur trouble mental. Pour le counseling, le taux de réussite n'atteint que 10 %. C'est toujours mieux que rien.

En revanche, ces deux pratiques doivent s'accompagner des traitements habituels, car à elles seules, elles ne peuvent soigner la maladie. Elles constituent une thérapie supplémentaire, et non un traitement de substitution.

Pour améliorer encore leur efficacité, les chercheurs proposent de travailler sur les aspects qui améliorent le moral des patients, tout en essayant également de cibler quelle population y répond le mieux.

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