C'est désormais prouvé scientifiquement : les nanoparticules de dioxyde de titane traversent le placenta. © HQuality, Adobe Stock
Santé

Les nanoparticules de dioxyde de titane traversent le placenta

ActualitéClassé sous :grossesse , placenta , nanoparticules de dioxyde de titane

Une étude française démontre que les nanoparticules de dioxyde de titane traversent la barrière placentaire. Le TiO2, constituant de l'additif E171, est interdit dans l'industrie agro-alimentaire mais reste autorisé dans les produits cosmétiques. Les chercheurs veulent maintenant étudier les  conséquences d'une exposition au dioxyde de titane sur le bébé in utero.

Cela vous intéressera aussi

[EN VIDÉO] Stérile suite à un cancer, une femme met au monde un bébé à partir de ses ovocytes congelés  Après avoir vaincu le cancer, une Française de 34 ans met au monde un bébé issu de ses propres ovocytes congelés. Une première mondiale qu'on vous détaille dans cette vidéo ! 

Les nanoparticules de dioxyde de titane, présentes notamment dans l'additif alimentaire controversé E171, peuvent traverser le placenta et atteindre l'environnement du fœtus pendant la grossesse, montre une étude française publiée mercredi dans la revue Particle and Fiber Toxicology.

Ces travaux « montrent pour la première fois que l'exposition chez la femme enceinte existe et qu'il y a un risque de passage » vers le fœtus, a expliqué à l'AFP Éric Houdeau, directeur de recherche à l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae) et coordinateur de l'étude. Ils ne permettent toutefois pas de dire si cette présence de nanoparticules entraîne ou non un risque pour le bébé.

Le E171 est un additif constitué de dioxyde de titane (TiO2) pour partie sous forme de nanoparticules -- d'une taille inférieure à 100 nanomètres facilitant leur pénétration dans l'organisme --, ce qui soulève depuis plusieurs années l'inquiétude des associations de défense des consommateurs et de l'environnement.

Le E171, un additif constitué de dioxyde de titane (TiO2) controversé car il contient des nanoparticules reste cependant autorisé pour les cosmétiques (dentifrice, crèmes solaires, poudres...) et les médicaments. © solidcolours, Istock.com

Et pourtant, l'innocuité du E171 n'est pas prouvée !

Son utilisation dans les produits alimentaires, comme colorant ou pour donner un aspect brillant, a été suspendue en France le 1er janvier 2020 pour une durée d'un an, en raison de l'absence de preuves scientifiques sur son innocuité, et le gouvernement devra bientôt décider s'il prolonge ou non cette suspension. Il reste autorisé pour les cosmétiques (dentifrice, crèmes solaires, poudres...) et les médicaments. La même substance entre également dans la composition de peintures industrielles et de matériaux de construction.

Les dosages biologiques classiques permettent de mesurer le titane mais pas le TiO2. Les chercheurs ont donc fait appel à des techniques de microscopie électronique pour déterminer « la nature chimique et la taille des éléments » retrouvés, en partenariat avec le Laboratoire national de métrologie et d'essais.

Des soupçons qui se confirment 

Ils ont ainsi mis en évidence la présence de TiO2 à l'état de nanoparticules dans la totalité des 22 placentas analysés, ainsi que dans la moitié des 18 échantillons de méconium (selles de nouveaux-nés) collectés, montre leur étude.

Cette contamination pouvant avoir d'autres sources que l'alimentation pendant la grossesse (par inhalation ou passage à travers la peau), les chercheurs du Centre de recherche en toxicologie alimentaire de l'Inrae (à Toulouse) ont également perfusé en laboratoire sept placentas avec une suspension de E171 pendant 1 heure. Ils ont constaté que les nanoparticules qu'elle contenait passaient bien la barrière placentaire et se retrouvaient dans le liquide qui entoure normalement le foetus.

« Cela nous permet de conclure qu'il est vraisemblable que l'additif alimentaire puisse participer à la contamination, explique Eric Houdeau. Il faut maintenant mettre en œuvre des études expérimentales chez l'animal, pour voir si ce passage [du placenta, ndlr] peut s'accompagner, éventuellement, d'un effet toxique sur le développement fœtal. »

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour. Toutes nos lettres d’information

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !