Nul doute que le désir a des origines multiples. Que la libido varie selon plusieurs facteurs. Mais il semblerait qu'un gène en particulier régule chez les mâles, ou tout du moins les souris mâles, l'envie de se reproduire.

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Dans le corps d'un mammifèremammifère masculin, coule de la testostérone. Une hormonehormone, majoritairement sécrétée par les gonadesgonades - les testiculestesticules chez les mâles, les ovairesovaires chez les femelles -, qui peut être transformée en œstradiol. Pour les souris, cette conversion a lieu dans les testicules et le cerveaucerveau. Surtout, elle est effectuée par un complexe enzymatiqueenzymatique : l'aromatase.

Jusqu'ici, ce n'est pas très enthousiasmant. Mais ce schéma en tête, nous pouvons nous pencher sur ce qui serait « la première découverte clé pour expliquer comment la testostéronetestostérone stimule le désir sexuel » d'après les mots - eux, très enthousiastes - de l'un des auteurs de l'étude, Serdar Bulun. Cette étude, publiée dans Endocrinology stipule que l'aromatase serait essentielle au désir masculin.

Une conclusion qui a nécessité un peu de génie génétiquegénie génétique. Les chercheurs ont modifié des souris mâles pour éteindre le gènegène codant l'aromatase dans le cerveau, de son petit nom Cyp19a1. Et d'autres souris mâles pour éteindre Cyp19a1, cette fois dans l'entièreté de leur corps. Ces dernières gambadaient donc paisiblement, libérées de toute aromatase. Ce qui a provoqué un pic de testostérone, pour ces deux sortes de souris, celle-ci n'étant plus autant convertie en œstradiol.

Certaines souris mâles ont été castrées pour évaluer une possible différence de comportement. Aucun changement n'a été observé. © BillionPhotos.com, Adobe Stock
Certaines souris mâles ont été castrées pour évaluer une possible différence de comportement. Aucun changement n'a été observé. © BillionPhotos.com, Adobe Stock

Une conversion moléculaire, un changement d'attitude

Les chercheurs, non contents de maîtriser le génie génétique, ont présenté à leurs souris mâles des souris femelles. En temps normal, les premières auraient poursuivi les secondes, en quête d'une sexualité ardemment désirée. Mais ici, les mâles dénués d'aromatase cérébrale - nommés bArKo - ont montré une activité sexuelle réduite de 50 %. Et l'administration de testostérone n'a que partiellement restauré leur libido.

Par contre, si l'administration de testostérone était accompagnée d'œstradiol, les mâles bArKo retrouvaient leur envie de s'accoupler. Et c'est ainsi que la testostérone activerait - en partie - le comportement sexuel masculin, via la conversion d'œstradiol au cœur du cerveau.

« Pour la première fois, nous avons démontré de manière concluante que la conversion de la testostérone en œstradiol dans le cerveau est essentielle pour maintenir une activité ou un désir sexuel complet chez les mâles, se réjouit Serdar Bulun. L'aromatase est le moteur ! »