Santé

Le risque de démences diminue-t-il ?

ActualitéClassé sous :biologie , démence , vieillissement

On entend très souvent dire que la maladie d'Alzheimer et les démences associées prennent de plus en plus d'importance dans la population mondiale. Des médecins états-uniens pensent cependant que l'incidence de ces pathologies est sur le déclin. Sont-ils trop optimistes ?

La maladie d’Alzheimer est la démence neurodégénérative la plus fréquente. Elle survient en moyenne autour de 65 ans et concerne actuellement environ 850.000 personnes en France. © Pattoise, Flichr, cc by nc nd 2.0

Avec le vieillissement de la population mondiale, l'épidémie de démences prend de l'ampleur. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que le nombre de cas sera multiplié par trois d'ici 2050 ! Néanmois, des chercheurs états-uniens se veulent rassurants et pensent que l'incidence des démences va diminuer. Leurs conclusions sont publiées dans la revue New England Journal of Medicine.

« Bien entendu, la population mondiale tend à vieillir, et nous observons un nombre plus élevé de cas de démences, comme la maladie d’Alzheimer », indique Eric Larson, directeur du Group Health Research Institute à Seattle (États-Unis). « Cependant, de plus en plus de patients développent ces pathologies à un âge très avancé, ce qui signifie que davantage de personnes vivent plus longtemps sans pour autant souffrir de démences. » En d'autres termes, le médecin pense que les personnes seront touchées plus tard par ces maladies.

De bonnes habitudes de vie limiteraient les risques de démences. Les chercheurs pensent que l'incidence de ces maladies va baisser dans le futur. Encore faut-il que la population surveille son alimentation et pratique une activité physique régulière. © Nick-K (Nikos Koutoulas), Flickr, cc by 2.0

Du sport contre les démences ?

En 2008 déjà, Kenneth Langa, chercheur à l'université du Michigan, et Eric Larson avaient publié la première étude suggérant un déclin de l'incidence des démences aux États-Unis. Ils l'expliquaient notamment par différents facteurs, tels qu'un meilleur niveau d'éducation et des améliorations en matière de santé publique et de mode de vie. D'autres travaux sont également parvenus à des conclusions similaires.

« Nous nous réjouissons de constater que des études de plus en plus nombreuses montrent une baisse significative du risque de démences », explique Kenneth Langa. Selon les médecins, l'exemple le plus frappant est celui de l'impact de l'activité physique sur la santé mentale. Pratiquer un sport régulièrement diminue en effet les risques de développer des problèmes cardiovasculaires et protégerait aussi contre les démences. L'équipe avait d'ailleurs montré que le taux de sucre dans le sang influençait le développement des pathologies neurodégénératives.

Leur analyse suggère donc que la population respecte mieux les règles d'hygiène préconisées par les instances sanitaires, comme pratiquer un sport régulièrement et avoir un régime alimentaire équilibré, ce qui devrait limiter les risques de démences. Il n'en reste pas moins que l'obésité est un fléau de santé publique majeur qui fait de nombreux ravages et doit continuer à être pris très au sérieux.

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