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En bref : les gènes de l’altitude découverts chez les Tibétains

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Comment les Tibétains résistent-ils à la haute altitude ? En comparant les génomes des habitants d'aujourd'hui à d'autres plus anciens, des chercheurs états-uniens ont mis le doigt sur des déterminants génétiques impliqués dans cette aptitude particulière.

Au Tibet, certains villages sont situés à 3.000 m d’altitude. Les habitants se sont progressivement adaptés à ces conditions difficiles. © eriktorner, Flickr, cc by nc sa 2.0

Pour la majorité des Hommes, la haute montagne est un environnement hostile. Ils y risquent en effet le fameux mal aigu des montagnes (MAM), caractérisé notamment par une augmentation de la viscosité du sang, avec à la clé un risque de thrombose. Et pour cause : lorsque l'on grimpe au-dessus de 3.000 m d'altitude, l'organisme fabrique davantage d'hémoglobine pour compenser le manque d'oxygène respiré.

Mais ce phénomène n'est pas observé chez les Tibétains. Pourquoi ? Une équipe de l'université de Chicago (États-Unis) vient de lever le voile sur une partie du mystère. Dans son étude, publiée dans la revue Nature communications, elle a identifié deux nouveaux gènes responsables de cette adaptation dans un environnement pauvre en oxygène. Cette particularité daterait de plus de 30.000 ans.

Pour parvenir à ces résultats, les chercheurs ont analysé le génome de 96 Tibétains vivant sur de hauts plateaux, à 4.000 m d'altitude. Ils les ont ensuite comparés aux génomes de certains de leurs ancêtres. Leurs données montrent que la carte d'identité génétique des Tibétains d'aujourd'hui résulte d'un mélange provenant principalement de deux populations anciennes, les Sherpas du Népal et les Chinois Han. Deux gènes impliqués dans la résistance à l'altitude, Egln1 et Epas1, avaient déjà été identifiés. Les auteurs viennent d'en découvrir deux autres qu'ils ont nommés Hyou1 et Hmbs. Déjà présents chez les ancêtres des Tibétains, ces gènes ont muté avec les siècles sans perdre de leurs atouts, bien au contraire.

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