Cela vous intéressera aussi

[EN VIDÉO] Interview : le mystère de l’extinction des dinosaures est-il enfin élucidé ? Les scientifiques ont bien du mal, depuis toujours, à trouver un consensus expliquant l’extinction des dinosaures. Même si la théorie la plus grandement acceptée est celle d’une météorite, il persiste encore aujourd’hui des zones d’ombres. Futura-Sciences a interviewé Éric Buffetaut, paléontologue, pour qu’il nous éclaire sur la question.

Le Paléogène est la période géologique succédant au Crétacé. Il s’agit de la première période de l’ère cénozoïque qui est l’ère actuelle. Le Paléogène s’étage ainsi entre 65,5 et 23,03 millions d’années et se subdivise en trois époques : le Paléocène (65,5-55,8 Ma), l’Éocène (55,8-33,9 Ma) et l’Oligocène (33,9-23,03 Ma). Le Paléogène arrive donc directement après l’extinction de masse qui a vu la disparition des dinosaures.

Contexte géodynamique

Du point de vue géodynamique, cette période est principalement marquée par la collision de la plaque indienne avec l’Eurasie, entraînant la formation de la chaîne himalayenne. Un important épisode volcanique se déclenche également au niveau de la Corne de l’Afrique, en lien avec l’activité d’un point chaud. Ce volcanisme intense va donner naissance aux Trapps d’Éthiopie. La deuxième moitié du Paléogène est marquée par la séparation de l’Australie et de l’Antarctique, et à l’initiation du courant circum-antarctique qui en résulte. Petit à petit, les continents prennent leur place actuelle.

Le monde durant l'Eocène, au Paléogène, il y a environ 50 millions d'années. © Ron Blakey, <em>Wikimedia Commons</em>, CC by-sa 4.0
Le monde durant l'Eocène, au Paléogène, il y a environ 50 millions d'années. © Ron Blakey, Wikimedia Commons, CC by-sa 4.0

Paléoenvironnement

Le Paléogène connait d’importantes variations climatiques. La première moitié de la période est en effet marquée par des températures relativement élevées. La limite entre le Paléocène et l’Éocène, il y a environ 56 millions d’années, est d’ailleurs définie par une augmentation brutale et sévère de la température. Il s’agit du Maximum Thermique du Paléocène-Éocène (PETM), qui représente la plus importante perturbation climatique de l’ère cénozoïque. En seulement 20 000 ans, la température grimpe de 6 °C environ, provoquant de dramatiques perturbations dans les océans.

De nombreux foraminifères et espèces marines disparaissent, laissant le champ libre à un renouvellement de la faune, qui posera les bases de nombreuses espèces actuelles. Les calottes polaires sont alors extrêmement réduites, voire inexistantes, et une végétation de type tropicale se développe dans les régions arctique et antarctique. Il faudra plus de 150 000 ans au système terrestre pour résorber l’excès de CO2 atmosphérique et entamer un lent refroidissement.

Les mécanismes et conséquences de cet événement hyperthermique soudain sont intensément étudiés afin de comprendre et anticiper le réchauffement climatique que nous vivons actuellement.

Évolution des températures du Paléocène à nos jours. Le maximum thermique est visible comme un pic très abrupt à la limite paléocène-éocène. © Robert A. Rohde, <em>Wikimedia Commons</em>, CC by-sa 3.0
Évolution des températures du Paléocène à nos jours. Le maximum thermique est visible comme un pic très abrupt à la limite paléocène-éocène. © Robert A. Rohde, Wikimedia Commons, CC by-sa 3.0

Un second optimum thermique intervient ensuite durant l’Éocène, il y a 50 millions d’années environ, sans pour autant être aussi sévère que le maximum thermique. Le climat connait ensuite une baisse graduelle et générale des températures. La transition avec l’Oligocène est ainsi marquée par une chute rapide des températures, entraînant la formation de la calotte glaciaire antarctique.

Développement de la biodiversité

Malgré les variations climatiques extrêmes qui mettent à mal les espèces terrestres et marines, le Paléogène est marqué par une évolution rapide des espèces, qui occupent les niches écologiques laissées vacantes par la disparition des dinosaures. Les mammifères terrestres se développent notamment très rapidement, tout en restant de taille modeste, certainement à cause des températures élevées que connait le climat à cette époque.  

<em>Moeritherium</em>, exemple de mammifère ayant vécu durant le Paléogène. © Heinrich Harder (1858-1935), <em>Wikimedia Commons</em>, domaine public
Moeritherium, exemple de mammifère ayant vécu durant le Paléogène. © Heinrich Harder (1858-1935), Wikimedia Commons, domaine public