Comment s'est formé l'Himalaya ? © satori, Adobe Stock
Planète

Comment s’est formé l’Himalaya ?

Question/RéponseClassé sous :tectonique des plaques , sous-continent indien , himalaya
 

Comme les Alpes, l'Himalaya est une chaîne de montagnes résultant de la collision de deux continents : l'Inde et l'Eurasie.  

Cela vous intéressera aussi

[EN VIDÉO] Un milliard d'années résumé en 40 secondes : la tectonique des plaques  Des chercheurs ont modélisé les mouvements des plaques tectoniques lors du dernier milliard d'années. 

L'Himalaya est l'une des plus importantes chaînes de montagnes au monde. Elle compte notamment le plus haut sommet du globe, l'Everest, qui culmine à 8.849 mètres d'altitude. Longue de plus de 2.400 km et large de 250 à 400 km, cette chaîne montagneuse marque la transition entre la plaque indienne et la plaque eurasienne. Elle résulte d'une formidable collision entre ces deux masses continentales. En ce sens, l'Himalaya fait partie d'un ensemble montagneux plus vaste, associé à cet événement tectonique, désigné sous le nom d'aire Hindu Kush-Himalaya qui intègre notamment les chaînes du Karakoram, de l'Hindou Kouch et du Pamir.

Au Trias, l’Inde était très loin de sa position actuelle

La naissance de ce gigantesque ensemble de sommets montagneux est intimement liée aux mouvements des plaques tectoniques et aux grands processus qui les gouvernent. Pour comprendre la formation de l'Himalaya, il faut remonter au Trias, il y a environ 200 millions d'années. À cette époque, la configuration continentale est loin d'être celle que nous connaissons aujourd'hui. L'ensemble des continents est en effet regroupé au sein d’un immense supercontinent : la Pangée. Au Trias, la Pangée a déjà commencé à se fragmenter. Elle peut être divisée en deux grands ensembles : le continent Laurasia au nord et le continent Gondwana au sud. Ce dernier se compose des actuels continents sud-américain, africain, antarctique, australien et indien. Au Trias, l'Inde est donc très loin de sa position actuelle. Elle est jumelée à l'Afrique, par l'intermédiaire de Madagascar, et à l'Antarctique. Elle se situe ainsi très proche du pôle Sud. Le nord du continent indien est séparé du supercontinent Laurasia par un grand océan aujourd'hui disparu, l'océan Téthys.

Position de l'Inde il y a 120 millions d'années. © Fama Clamosa, Wikimedia Commons, CC by-sa 4.0

Suivant la dynamique de fragmentation de la Pangée, le Gondwana commence également à se morceler, notamment avec l'ouverture de l'océan sud-ouest Indien, il y a 120 millions d'années. L'Inde commence donc à se détacher de l'Antarctique, puis de Madagascar et à migrer vers le nord à une vitesse assez exceptionnelle de 20 cm/an. Cette migration est associée d'une part à l'accrétion océanique qui a lieu au sud, mais également à la fermeture de l'océan Téthys au nord par le biais d'une subduction faisant plonger la croûte océanique de cet océan sous le continent eurasiatique.

Remontée rapide de l'Inde vers le nord, en lien avec la subduction de l'océan Téthys au nord et de l'expansion de l'océan Indien au sud. © Fama Clamosa, Wikimedia Commons, CC by-sa 4.0

L’Inde, une île filant à grande vitesse vers le nord

Il y a 80 millions d'années, l'Inde était donc une île, située à plus de 6.000 km des côtes du continent eurasiatique. Elle continue cependant sa remontée très rapide vers le nord et finit par entrer en collision avec l'Asie, il y a environ 50 à 60 millions d'années. L'âge du début de la collision est cependant encore très controversé au sein de la communauté scientifique.

Évolution de la position du continent indien au fil du temps, par rapport au continent eurasiatique. Les âges sont débattus. © Wikimedia Commons, domaine public

Cette collision suit la fermeture de l'océan Téthys qui a complètement disparu au niveau de la zone de subduction bordant le continent eurasiatique. La croûte continentale indienne, plus légère que la croûte océanique, ne va pas entrer en subduction mais va au contraire venir s'indenter dans la croûte continentale eurasiatique. Dans ce contexte de compression, les deux croûtes continentales vont subir d'intenses déformations. Cette déformation se traduit notamment par le développement de grandes écailles crustales qui vont venir s'empiler les unes sous les autres, mais également par le soulèvement de la partie frontale de la plaque Eurasie.

Formation de la chaîne et du plateau du Tibet

Cette surrection va donner naissance au haut plateau du Tibet, qui représente une gigantesque étendue plane portée à très haute altitude. Cette position élevée s'explique par la présence, en dessous, de la croûte continentale indienne. On estime ainsi que cette gigantesque collision continentale a impliqué plus de 2.500 km de raccourcissement crustal. Cela veut dire que 2.500 km de croûte ont été littéralement « absorbés » par la déformation tectonique, et notamment par la formation des montagnes, dont l'Everest.

L’Inde continue de s’imbriquer dans l’Asie

Bien que la majeure partie de la croûte océanique de l'océan qui séparait auparavant l'Inde de l'Eurasie ait disparu dans la subduction, il en reste des témoins. Ce sont les ophiolites. Ces restes d'ancienne croûte océanique ont été charriés par les processus tectoniques et se retrouvent désormais dans la chaîne de montagnes.

Actuellement, la plaque indienne continue sa poussée vers le nord, mais à une vitesse moindre, d'environ 6 cm par an. Sur les prochains 10 millions d'années, la plaque devrait encore progresser d'environ 1.500 km à l'intérieur de l'Asie. Une partie de ce raccourcissement est actuellement absorbée par le front himalayen, ce qui explique pourquoi l’Himalaya continue de grandir de quelques millimètres par an.

L'Inde continue son indentation dans la croûte eurasiatique. © Alataristarion, Wikimedia Commons, CC by-sa 4.0
Abonnez-vous à la lettre d'information La question de la semaine : notre réponse à une question que vous vous posez, forcément. Toutes nos lettres d’information

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !