Étrangeté du vivant : la pieuvre couverture, un cas de dimorphisme sexuel extrême !

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Les animaux marins sont parfois si bizarres qu'on peut facilement les confondre avec... un sac en plastique perdu en mer. C'est le cas des céphalopodes du genre Tremoctopus, surnommés aussi « pieuvres couverture ». On les appelle ainsi car leurs bras dorsaux et dorsolatéraux sont liés par une membrane transparente chez les femelles adultes. Outre leur apparence aussi étrange qu'onirique, l'espèce Tremoctopus violaceus est un exemple extrême de dimorphisme sexuel. La femelle, avec ses longs bras et sa membrane, peut mesurer plusieurs mètres de long, tandis que le mâle ne dépasse pas les deux centimètres ! Il est si petit que les scientifiques n'ont identifié un Tremoctopus mâle qu'en 2002. Avec une telle différence de taille, comment font-ils pour se reproduire ?

Les mâles possèdent un bras spécial que l'évolution a entièrement voué à la reproduction, c'est l'hectocotyle. L'hectocotyle se termine par une poche, de forme très variable selon les espèces, qui contient les spermatozoïdes. Le minuscule mâle Tremoctopus violaceus introduit son bras reproducteur jusqu'à la cavité palléale de la femelle. Le plus souvent le mâle perd son bras – et la vie – dans l'opération. L'hectocotyle reste en contact de la femelle jusqu'à ce que la reproduction soit effective, elle peut ainsi en garder plusieurs appartenant à des mâles différents pour féconder ses quelque 100.000 œufs.

La « couverture » des Tremoctopus sert aussi de moyen de défense. Les quatre espèces du genre sont immunisées contre le venin des galères portugaises. Leurs tentacules sont urticants et il arrive qu'un céphalopode en arrache un pour s'en servir de moyen de défense ou d'attaque.

Un mâle du genre Tremoctopus violaceus d'à peine quelques centimètres. © Julian Finn, New Zealand Journal of Marine and Freshwater Research
Une pieuvre couverture photographiée aux Philippines. Ici une femelle. © Capture d'écran, Joseph Elayani, YouTube