Dans une rivière des Philippines, des chercheurs ont découvert un étrange mollusque qui a pris l’habitude de creuser des galeries dans des roches. Il pourrait causer des dommages aux rivières dans lesquelles il vit en modifiant leur cours.

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[EN VIDÉO] Un étrange mollusque géant qui se passe de manger Ce ver n'en est pas un : c'est un mollusque, cousin des tarets, mangeurs de bois pourri. Découvert aux Philippines au fond d'un lagon boueux, l'animal (Kuphus polythalamia) vit dans un tube planté verticalement. Des bactéries vivant sur ses branchies récupèrent l'énergie chimique du sulfure d'hydrogène, avant d'être assimilées par le mollusque. C'est ainsi qu'il se nourrit, sans avoir besoin de chercher autour de lui de la matière organique à manger. Vidéo de Marvin Altamia, University of Utah

Dans la famille des Teredinidae, on trouve essentiellement des mangeurs de bois. Ces drôles d'animaux connus depuis le IVe siècle avant J.-C. ressemblent à des vers. Ce sont en fait des mollusques bivalves. Et ils s'attaquent aux boisbois immergés : coques de bateaux, quais, digues, etc. Des bois qu'ils digèrent ensuite grâce à des bactériesbactéries symbiotiques.

Des chercheurs présentent aujourd'hui une véritable exception familiale : Lithoredo abatanica. Une créature, épaisse et blanche, qui vit en eau douce. La longueur des échantillons prélevés variait de 5,5 à 105,4 millimètres. En 2006, les scientifiques avaient déjà repéré ce mollusquemollusque dans une rivière des Philippines, mais n'avaient pas pu l'étudier.

Quelques exemples de <em>Lithoredo abatanica</em> : a) un spécimen juvénile, b) un petit adulte et c) un grand adulte. La barre d’échelle mesure cinq millimètres. L’indication In point l’intestin, MC, le collier de manteau, Pa, la palette, Si, le siphon et SV, la soupape à coquille. © Royal Society
Quelques exemples de Lithoredo abatanica : a) un spécimen juvénile, b) un petit adulte et c) un grand adulte. La barre d’échelle mesure cinq millimètres. L’indication In point l’intestin, MC, le collier de manteau, Pa, la palette, Si, le siphon et SV, la soupape à coquille. © Royal Society

Un métabolisme étrange

Lorsqu'ils ont enfin pu l'observer de plus près, ils ont découvert que Lithoredo abatanica n'avait que quelques dizaines de dents assez épaisses, de taille millimétrique alors que ses cousins disposent de centaines de denticules destinés à creuser le bois. Il ne présente par ailleurs ni les organes ni les bactéries nécessaires à la digestiondigestion du bois. À la place, d'autres bactéries au rôle encore mystérieux et une foule de fragments de roches semblables à celles dans lesquelles il vit. Mais dont il ne semble toutefois pas directement se nourrir.

Pourtant comme ses cousins, sa présence peut provoquer des dommages. Ici, une modification du cours d'une rivière. En effet, non seulement Lithoredo abatanica a pris l'habitude de manger des cailloux, mais en plus, il les rejette sous forme de sablesable. Seul avantage : les crevasses qu'il forme fournissent des caches intéressantes aux crabes, aux escargots et aux poissonspoissons.