Selon une étude de l'Office européen des brevets et de l'Agence internationale de l'énergie, les innovations à faibles émissions ont généré un nombre de brevets internationaux plus de deux fois supérieur à celui des technologies établies.

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    « L'hydrogènehydrogène issu de sources à faibles émissionsémissions est une des clés de la transition énergétique pour faire sauter les verrousverrous dans les industries où il existe peu d'alternatives propres aux combustiblescombustibles fossiles, comme le transport longue distance et la production des engrais », explique Yann Ménière, économiste en chef de l'Office européen des brevets (OEB). Pour y parvenir, il est néanmoins urgent d'innover dans un large éventail de technologies, dont la nouvelle étude conjointe de l'OEB et de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) permet d'en analyser les tendances pour la période 2011-2020 en se basant sur des données mondiales relatives aux dépôts de brevets à travers le monde.

    Des indicateurs forts de l’orientation de la science

    Selon un rapport publié par l'AIE, près de la moitié des réductions d'émissions attendues pour atteindre le fameux net zéro en 2050 seront permises par des technologies qui ne sont pas encore sur le marché. « D'où l'importance d'analyser les signaux en amont comme les brevets qui représentent des indicateurs forts de l'activité d'innovation et peuvent donner des informations très détaillées sur l'état et l'orientation de la science, et donc de l'industrie de demain », souligne Yann Ménière. Les technologies liées à l'hydrogène prennent en effet généralement plus de temps à se développer et, grâce aux brevets, les inventeurs cherchent ainsi à s'assurer qu'ils peuvent récupérer les fonds investis dans l'innovation. Étant donné l'hétérogénéité des systèmes de brevets entre les pays, les résultats de l'étude ont été mesurés en termes de familles internationales de brevets (FBI), c'est-à-dire des demandes déposées auprès d'au moins deux offices de brevets dans le monde.

     Les innovations à faibles émissions ont généré un nombre impressionnant de brevets internationaux, de l'approvisionnement en hydrogène au stockage, de la distribution à la transformation jusqu'aux applications finales. © remotecfx, Adobe Stock
     Les innovations à faibles émissions ont généré un nombre impressionnant de brevets internationaux, de l'approvisionnement en hydrogène au stockage, de la distribution à la transformation jusqu'aux applications finales. © remotecfx, Adobe Stock

    La finalité écologique

    Premier enseignement d'importance : les technologies de production d'hydrogène ont représenté le plus grand nombre de brevets de manière générale entre 2011 et 2020. Le rapport révèle aussi que, dans l'ensemble de la chaîne de valeur de l'hydrogène, de l'approvisionnement en hydrogène au stockage, la distribution et la transformation ainsi que les applicationsapplications finales, les innovations à faibles émissions ont généré un nombre de brevets internationaux plus de deux fois supérieur à celui des technologies établies. Les technologies motivées par les préoccupations climatiques représentaient en effet près de 80 % de tous les brevets liés à la production d'hydrogène en 2020, la croissance étant principalement due à une forte augmentation de l'innovation dans le domaine de l'électrolyseélectrolyse.

    L’automobile en pole

    Parmi les applications finales, l'automobileautomobile semble rester le principal domaine d'innovations, quand il peine à décoller dans d'autres domaines comme le transport longue distance, la production d'électricité et l'industrie lourde. Un bilan toutefois à nuancer, comme le détaille Yann Ménière : « Si l'automobile est depuis longtemps au centre de l'innovation à travers des stratégies à long terme, notamment au Japon, d'autres secteurs connaissent des résultats encourageants comme la sidérurgie par exemple ou l'aviation mais qui, pour l'instant, est essentiellement concernée par des brevets sur les piles à hydrogène, donc sur des courtes distances ». Un point positif concerne l'utilisation de l'hydrogène pour décarboniser la production d'acieracier, pour laquelle est observée une récente hausse des dépôts de brevets, peut-être en réponse au consensus post-Accord de Paris selon lequel le secteur a besoin de solutions radicales pour réduire rapidement les émissions.

    L’Europe et le Japon sont les principaux déposants de brevets sur l’hydrogène dans le monde. © Office européen des brevets
    L’Europe et le Japon sont les principaux déposants de brevets sur l’hydrogène dans le monde. © Office européen des brevets

    Europe versus le reste du monde

    Cette étude fait aussi apparaître des modèles de transition disparates entre les pays avec notamment la contribution majeure de l'Europe à l'émergence de nouvelles technologies de l'hydrogène à hauteur de 28 %, dont 11 % pour l'Allemagne, 6 % pour la France et 3 % pour les Pays-Bas. Avec 24 %, le Japon reste un des leaders des dépôts de brevets internationaux en lien avec l'hydrogène, quand les États-Unis, malgré leurs 20 %, sont les seuls à avoir perdu du terrain au cours de la dernière décennie. Derrière ce trio de tête, apparaissent la Corée du Sud et la Chine, dont le brevetage des technologies de l'hydrogène progresse, le Royaume-Uni, la Suisse et le Canada.