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De la colle d'araignée bientôt dans les rayons ?

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La soie des araignées, dont la résistance rivalise avec celle de l'acier, a fait l'objet de nombreuses études et applications industrielles. Les aranéides ont un autre secret : la colle.

Une substance collante sur les toiles d’araignées pourrait mener au développement d’une nouvelle génération de colles basées sur des biomolécules susceptibles, un jour, de remplacer les produits à base de pétrole. © Randolph Femmer / National Biological Information Infrastructure

L'adhésif qui recouvre les toiles et en fait des pièges mortels, est considéré comme l'une des colles biologiques les plus puissantes. Sa synthèse pourrait donc remplacer les colles basées sur le pétrole, une ressource non renouvelable et polluante, par des colles vertes biodégradables et renouvelables.

La colle des araignées est constituée d'une grande variété de composés organiques, dont des glycoprotéines. Rien d'autre n'était connu quant à la structure et la fonction de ces glycoprotéines.

Une répétition qui trahit l’auteur

Omer Choresh et ses collègues de l'Université du Wyoming se sont intéressés aux néphiles (Nephila sp.), grandes tisseuses de toiles, et à leur colle. Ils y ont découvert deux glycoprotéines qu'ils ont analysées. Ces molécules sont constituées de sous-unités dont certains domaines répétitifs, c'est-à-dire des assemblages d'acides aminés en structure distincte, trahissent les brins opposés d'une même séquence d'ADN. Trois raisons amènent ces scientifiques à penser que les séquences d'ADN identifiées sont à l'origine de ces glycoprotéines :

  1. Les ARN messagers de ces séquences sont présents uniquement dans les glandes productrices de colle ;
  2. Le poids moléculaire des deux glycoprotéines correspond aux prédictions déduites de ces séquences ;
  3. La structure de ces séquences présente un grand nombre de similarités avec d'autres structures connues aux fonctions caractéristiques des colles (élasticité, adhérence...).

Le clonage et la surexpression de ces gènes identifiés dans des cultures cellulaires permettraient la production à grande échelle de ces glycoprotéines, pour ensuite les étudier plus profondément et développer éventuellement une nouvelle gamme de colles d'origine biologique.

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