À bord de la Station spatiale internationale, Chris Hadfield mesure et surveille la régulation de sa pression artérielle. © Nasa

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La santé de l'astronaute Chris Hadfield passée au peigne fin

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Le séjour dans l'espace de l'astronaute canadien Chris Hadfield n'a pas été sans conséquence sur sa santé et son physique. Maintenant qu'il est de retour sur Terre, il est temps de comprendre comment les effets de l'impesanteur l'ont affecté et comment la gravité va les corriger.

Bien qu'aucun problème de santé grave n'apparaisse après un vol spatial, vivre en impesanteur entraîne des effets physiologiques temporaires potentiellement négatifs pour l'Homme. En voyageant dans l'espace, les astronautes prennent le risque de développer des problèmes de santé à long terme (cancers, maladies du vieillissement ou cardiovasculaires) ou à court terme (problèmes musculo-squelettiques ou troubles du système immunitaire).

Cela explique pourquoi la santé des astronautes est un sujet de préoccupation majeur, et ce, quel que soit leur âge. Du plus jeune, comme le cosmonaute russe Gherman Titov, qui prit place à bord de Vostok 2 à 25 ans passés en août 1961, au plus âgé, comme l'Américain John Glenn, qui avait 77 ans lorsqu'il monta dans une navette spatiale en 1998, tous sont concernés par ces problèmes de santé.

Retour sur Terre d'Expedition 35 et réadaptation progressive à la gravité terrestre, pour corriger les effets de l'impesanteur qu'ont subis les trois astronautes (Chris Hadfield est le premier sur la gauche). © Nasa, Carla Cioffi

Le suivi médical des astronautes, avant, pendant et surtout après leur séjour dans l'espace, fait partie de leur quotidien. Les programmes incluent des mesures préventives, des contre-mesures et de la recherche médicale. Leur intérêt est aussi d'apprendre à mieux traiter les maladies liées au vieillissement humain. Ce sujet était donc l'un des aspects de la mission de l'astronaute canadien Chris Hadfield, qui vient de retourner sur Terre après un séjour de plus de cinq mois à bord de la Station spatiale internationale, dont deux mois comme commandant.

Voler dans l’espace revient à vieillir prématurément

Depuis qu'il est revenu sur notre planète, l'astronaute canadien fait l'objet d'un suivi quasi-quotidien de façon à contrôler sa réadaptation à la gravité terrestre et à comprendre comment il recouvre sa forme optimale. Ses résultats aux tests médicaux et les données collectées sur son cas sont comparés à ceux recueillis avant et pendant le vol.

Ainsi, on apprend qu'au cours de son séjour dans l'espace, il a perdu en moyenne 1 % de densité osseuse par mois. Résultat, bien qu'il ne le ressente pas, les os de ses hanches et de son dos ne sont pas aussi solides qu'avant le vol, ils ont perdu du calcium !

On peut dire que Chris Hadfield se sent comme un vieil homme. Il traîne parfois des pieds en marchant, il a mal au dos, et a des difficultés à éviter certains obstacles. Il se sent étourdi et trouve difficile de monter ou descendre les escaliers. Sa dextérité manuelle est aussi affectée. Cela dit, ces effets ne sont que passagers et l'astronaute canadien va progressivement retrouver l'ensemble de ses moyens. Ces symptômes sont semblables à ceux de l'ostéoporose qui affecte les personnes âgées, sans toutefois être aussi sévères puisque la densité osseuse de l'astronaute reviendra presque à la normale d'ici un an.