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La maladie d'Alzheimer, nouveau risque pour les astronautes ?

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Une étude médicale de huit ans conclut que les radiations spatiales peuvent accélérer le développement de la maladie d'Alzheimer. Il s'agit d'un énième facteur de risque lié à la santé des astronautes que devront prendre en compte les agences spatiales qui planifient des missions habitées dans le Système solaire.

Un cliché pris par imagerie par résonance magnétique (IRM) d'un patient atteint de la maladie d'Alzheimer qui montre clairement une très nette atrophie du cerveau entre 1998 et 2001. © DR

En soulignant que le rayonnement cosmique pourrait accélérer l'apparition de la maladie d'Alzheimer, une nouvelle étude médicale réaffirme la dangerosité des voyages habités dans l'espace. Comme le souligne Kerry O'Banion, doctorant en sciences médicales, professeur à l'University of Rochester Medical Center et principal auteur de l'étude publiée dans la revue Plos One« cette étude montre pour la première fois que l'exposition à des niveaux de rayonnement équivalant à une mission vers Mars pourrait entraîner des problèmes cognitifs et accélérer les changements dans le cerveau qui sont associés à la maladie d'Alzheimer ».

Les études faites sur la santé des astronautes montrent toutes qu’il y a un risque certain de les voir contracter des maladies de long terme ou de court terme lors de séjours prolongés dans l’espace. Cela dit, cela ne semble pas décourager les volontaires aux voyages spatiaux. © Nasa, Johnson Space Center

Si le champ magnétique protège efficacement la planète Terre et les astronautes en activité dans la Station spatiale du rayonnement spatial, l'espace baigne dans un flux constant d'une grande variété de particules radioactives. S'il est possible de se protéger de certaines d'entre elles, il existe des formes de rayonnement qui ne peuvent pas être efficacement bloquées. C'est bien évidemment une préoccupation sérieuse pour les agences spatiales qui planifient des missions habitées qui, dans le cas d'un voyage vers Mars, pourraient durer jusqu'à trois ans.

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Avec les études menées tant aux États-Unis qu'en Russie ou en Europe, les chercheurs sont conscients de la dangerosité du rayonnement cosmique sur la santé des astronautes. Ainsi, en voyageant dans l'espace, on prend le risque de développer des problèmes de santé à long terme comme des cancers, des maladies du vieillissement ou encore cardiovasculaires ou encore du vieillissement, et des maladies à court terme comme des problèmes musculo-squelettiques ou des troubles du système immunitaire. À cela s'ajoute une nouvelle étude qui révèle pour la première fois une relation de cause à effet sur le développement de la maladie d'Alzheimer.

Ce travail a porté sur l'impact d'une forme particulière de rayonnement lié aux particules de masse élevée et de haute charge (particules HZE). La masse de ces particules, propulsées dans l'espace à des vitesses très élevées par la force des explosions des étoiles combinée à leur vitesse, leur permet de pénétrer des objets solides tels qu'un mur ou un blindage de protection de vaisseau spatial.

À travers cette étude, les chercheurs ont spécifiquement voulu examiner si oui ou non l'exposition aux radiations a « le potentiel d'accélérer certains indicateurs biologiques et cognitifs de la maladie d'Alzheimer, en particulier chez les personnes qui pourraient être prédisposées à la développer ». Des souris ont été exposées à différentes doses de rayonnement, notamment à des niveaux comparables à ceux auxquels seraient exposés des astronautes. Il en ressort que les souris ainsi exposées sont plus prédisposées à développer des processus biologiques dans le cerveau qui contribuent à la progression de la maladie d'Alzheimer. Leur cerveau montre également des signes d'altérations vasculaires et une accumulation plus importante de protéine bêta-amyloïde, l'une des caractéristiques de la maladie.