Retour sur Terre le 7 mai du X-37B après une mission record de 718 jours en orbite. © U.S. Air Force

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Le mystérieux X37B de l'U.S. Air Force vient de rentrer sur Terre après 718 jours en orbite

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Après une mission en orbite de 718 jours (un record), le drone spatial X-37B de l'U.S. Air Force est redescendu sur Terre ce dimanche 7 mai, sans que l'on sache avec exactitude ce qu'il a bien pu faire. Avion spatial espion pour les uns, banc de tests volant pour des technologies avancées pour les autres, ou simple démonstrateur de technologies liées à la réutilisabilité... Cette mini navette n'a pas fini de faire parler d'elle.

  • Un véhicule spatial doté d'une très grande autonomie de vol.
  • Une capacité inédite d'utilisation de l'espace.
  • Un démonstrateur de technologies avancées.

Après une mission record de 718 jours en orbite, le mystérieux X-37B de l'U.S. Air Force est revenu sur Terre. Dimanche 7 mai, il s'est posé de jour sur la piste d'atterrissage qu'utilisaient feu les navettes spatiales du Centre spatial Kennedy de la Nasa.

Cette petite navette totalise 2.085 jours en orbite sans que l'on sache exactement ce qu'elle est allée y faire. Gérée par le Bureau des capacités et projections rapides de l'U.S. Air Force, son porte-parole se borne à expliquer que ce véhicule sert à des programmes de « réduction de risque, des expériences et des opérations conceptuelles pour développer l'usage de véhicules spatiaux réutilisables ».

Comme l'a souligné le lieutenant-colonel Ron Fehlen, directeur du programme X-37B, cette « mission a encore repoussé le record d'endurance en orbite et marque le premier atterrissage du véhicule dans l'état de Floride. Nous sommes vraiment très satisfaits de sa performance et très excités à propos des données récoltées pour soutenir les communautés scientifiques et spatiales. Nous sommes extrêmement fiers de l'engagement et du dur labeur fourni par l'équipe tout entière ».

Très surprenant, l’US Air Force a publié plusieurs vidéos montrant l’atterrissage du X-37B sous différents angles, mais tout de même à bonne distance de l’objectif. © U.S. Air Force

Un avion spatial espion idéal

Avec plus de 2.000 jours de tests et quatre missions réussies avec deux véhicules, l'U.S. Air Force dispose aujourd'hui d'un système de lancement réutilisable, capable de voler sur des orbites différentes et de retourner en vol dans des délais très courts qui se mesurent en semaine. C'est une capacité inédite que n'avait pas la navette spatiale en son temps. Cet espion spatial de rêve peut rester très longtemps en orbite, voire indéfiniment. Il consomme très peu d'énergie et peut changer d'orbite pour pouvoir observer une zone plutôt qu'une autre, selon l'actualité. Construit en deux exemplaires de façon à garantir, si nécessaire, une permanence opérationnelle, le X-37B offre des capacités de surveillance et d'observation inédites.

Cette mission était la quatrième du X-37B. Il a volé pour la première fois en 2010 lors d'un séjour orbital de 220 jours puis 469 jours après son lancement le 5 mars 2011, lors de sa deuxième utilisation. L'exemplaire du X-37B qui avait volé en 2010 est utilisé pour la troisième mission d'une durée de 690 jours, du 11 décembre 2012 au 17 octobre 2014. Une cinquième mission a été annoncée. L'U.S. Air Force n'a pas encore communiqué de date de lancement, si ce n'est qu'il aura lieu cette année, ni indiqué lequel des deux exemplaires retournera en vol.

Pour en savoir plus

Le mystérieux X-37B s'envole pour la quatrième fois

Article de Rémy Decourt paru le 20/05/2015

Objet de nombreuses théories du complot sur Internet, le mystérieux X-37B a été transféré sur son pas de tir de Cap Canaveral. Il sera lancé aujourd'hui, le plus tôt possible à l'intérieur d'une fenêtre de tir qui s'ouvre à 16 h 45 et se ferme à 20 h 45 (heure de Paris). À la différence des précédentes missions, l'U.S. Air Force a dévoilé une des expériences qui seront réalisées à bord de cette mini-navette pendant son séjour en orbite.

Pour la quatrième fois depuis son vol inaugural en 2010, la petite navette inhabitée de l'U.S. Air Force s'apprête à décoller pour une quatrième mission toujours secrète en raison de l'absence d'informations officielles. Il est donc difficile de savoir ce qu'elle va faire en orbite et on en est réduit à spéculer sur les activités qui seront réalisées à bord de l'engin. Chacune de ses trois précédentes missions a duré plusieurs centaines de jours sans que l'on ne sache pourquoi (670 jours pour la dernière mission).

Long de 8,9 m pour une envergure de 4,5 m et une masse au lancement de 5,5 tonnes, cet engin est doté d'une paire d'ailes, d'un aileron et d'une soute qui peut s'ouvrir dans l'espace. Elle contient un ou deux mâts sur lesquels sont installés un panneau solaire et une antenne de communication qui se déploient en orbite. À ces deux dispositifs s'ajoute certainement un système à plusieurs caméras utilisé pour inspecter l'état général du véhicule en orbite.

Pour cette mission, l'U.S. Air Force a dévoilé que parmi les activités qui seront réalisées à bord de l'engin, figure l'essai d'un propulseur à effet Hall, un type de propulseur électrique qui utilise un champ électrique pour accélérer des ions. L'utilisation de l'électricité comme source d'énergie plutôt que la combustion chimique le rend très efficace pour de petits changements de vitesse sur de longues missions.

À cet essai, on s'attend à ce que soient testées également, comme lors des précédentes missions, de nouvelles technologies, dont des équipements ou des éléments de satellites conçus pour réduire leur vulnérabilité en orbite ou les doter de nouvelles performances.

Le X-37B sera lancé aujourd'hui par un Atlas V depuis Cap Canaveral, en Floride. Le lanceur embarque également une charge utile secondaire constituée de plusieurs CubeSat, dont la voile solaire LightSail de la Planetary Society.