Planète

L'homme, espèce en voie de disparition

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La disparition d'une simple plante ou d'un seul animal peut entraîner inévitablement l'extinction en chaîne d'autres espèces. Au bout de cette chaîne, l'homme. Nos destins sont ainsi liés. Le premier objectif de cette nouvelle campagne de la Fondation Nicolas Hulot est de faire changer notre regard sur le vivant. Nous devons apprendre à retrouver notre place au cœur de la nature, nous qui avons trop longtemps cru en occuper le centre.

A l'échelle terrestre, l'époque récente a été dramatique pour la biodiversité. Pollutions, réductions ou privations de territoires, exploitations aveugles des ressources naturelles ajoutées à mille petites agressions, ont mis l'univers du vivant au seuil d'une nouvelle grande extinction des espèces, la première d'origine anthropique. Son rythme est de 100 à 1 000 fois supérieur à celui qu'il serait sans notre tragique contribution. On estime que 50 000 à 100 000 espèces vivantes sont détruites chaque année sur les 5 à 50 millions existantes.

L'ampleur de la catastrophe est telle que le mécanisme de destruction gagne en vitesse sur le mécanisme de connaissance, puisque les chercheurs n'ont actuellement identifié qu'un peu moins de 2 millions d'espèces animales ou végétales vivantes.

L'homme peut être crédité d'une alchimie inversée. Alors que la nature a réussi, en quelques milliards d'années, à transformer le chaos en vivant élaboré et prodigieux - la
biodiversité - il s'octroie le luxe de générer le phénomène inverse.

Quels sont les enjeux ? Rien de moins que le destin du vivant, l'avenir de la biodiversité et, accessoirement et conjointement, celui de la communauté des hommes sur cette fragile planète. Penser que l'espèce humaine puisse tirer seule son épingle du jeu de ce désordre écologique annoncé serait une monstrueuse erreur d'appréciation. Réduire la biodiversité, c'est en effet se priver d'autant de chances de succès pour l'avenir. Les clés du futur sont dissimulées dans cet immense réservoir. La médecine, l'agronomie, la science en général se nourrissent de la biodiversité, de ses principes et de son génie.

Protéger la biodiversité, ce n'est pas seulement protéger les petites bêtes, c'est aussi et surtout sauvegarder les systèmes naturels de la Terre qui forment le support de la vie humaine, l'eau, le sol, l'air... Il existe des outils collectifs de protection de la nature, mais ce sont d'abord nos gestes et nos choix quotidiens qui contribuent à la sauvegarde de la planète. Ce combat, nul ne peut le déléguer aux autres, chacun doit s'y engager. C'est le deuxième objectif de cette campagne que de pousser chacun à agir, à son échelle.

LA BIODIVERSITÉ EN DANGER !

Nous vivons tous de la nature : elle nous procure la totalité de notre alimentation, plus de la moitié de nos médicaments et beaucoup d'autres biens et services indispensables que nous ne saurions pas reproduire. La biodiversité contribue ainsi fortement à la régulation de la plupart des phénomènes naturels et services écologiques, parmi lesquels :

> La régulation des climats et de l'effet de serre
> L'épuration de l'air
> La production d'eau de source
> Le réapprovisionnement des nappes phréatiques
> La décomposition et le recyclage des déchets
> La formation des sols arables, la protection des sols contre l'érosion et le maintien de leur fertilité
> Le maintien des cycles biogéochimiques (fixation du carbone de l'atmosphère et la production de l'oxygène)
> L'équilibre de la biosphère
> La fourniture d'agents de pollinisations et d'agents anti-parasitaires...

Plus un écosystème est diversifié, plus il est productif, plus il est stable et plus vite il se reconstitue après une catastrophe naturelle, sécheresse ou tempête, par exemple. Les écosystèmes trop dégradés finissent donc par ne plus assurer leurs fonctions et les services qu'ils rendent aux sociétés humaines. Depuis toujours, l'homme modifie l'environnement à son profit en le considérant comme une ressource inépuisable. A tort.

Fragilisée, la nature n'est pas en mesure d'adapter son rythme aux changements brutaux que lui impose l'homme. Si les choses restent en l'état, nous risquons de diminuer la biodiversité sur la planète pour des millions d'années à venir, entraînant inévitablement une réduction des choix possibles de développement pour les générations futures.

Selon une étude internationale publiée par le magazine "Nature" début 2004, 25 % des espèces animales et végétales pourraient disparaître avant 2050 à cause du réchauffement climatique. L'impact des activités humaines est tel que le rythme d'extinction des espèces s'est accéléré de 100 à 1 000 fois, entraînant un appauvrissement du vivant qui préfigure la 6ème vague d'extinction comparable à la dernière connue, il y a 65 millions d'années, qui causa la disparition des dinosaures, mais à une vitesse sans précédent.

Qu'est-ce que la biodiversité ?

La biodiversité, c'est l'ensemble du vivant, des plantes, des animaux, des organismes microscopiques et de leurs gènes, mais aussi les différents paysages naturels. Ces derniers sont constitués d'une infinité d'écosystèmes de taille variable, de la flaque d'eau à la forêt. Chaque écosystème comprend les êtres vivants qui le peuplent et le milieu où ils vivent, dont ils dépendent (nature du sol, relief, climat, etc.) et sur lequel ils exercent en retour une influence (ils se mangent, sont en compétition pour l'utilisation des ressources, s'entraident, etc.). La biodiversité est souvent représentée par la diversité des espèces : celle-ci correspond à la liste des espèces peuplant un espace donné et reflète l'état de santé des écosystèmes.

L'homme, espèce parmi les autres, fait partie de la biodiversité.