Exclusivité Futura : L'Intelligence des arbres, un documentaire stupéfiant. © Romolo Tavani

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Exclusivité : les souches d'arbres, mémoire de la forêt ?

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Si le bois des souches d'arbres est encore vivant, c'est parce qu'il est alimenté par les racines, explique cet extrait du documentaire L'intelligence des arbres, diffusé par Jupiter Films à partir du 27 septembre et que nous vous offrons en avant-première. Mais pourquoi donc les arbres nourrissent-ils des souches ? L'hypothèse des scientifiques est surprenante...

  • Les arbres des forêts échangent des molécules par le réseau fongique associé à leurs racines. Cela leur permet de se transmettre de la nourriture et de l'information. L'observation et l'expérience ont aussi montré que ces échanges sont majoritairement dirigés vers les individus les plus jeunes.
  • L'information transmise semble être liée à une agression et au déclenchement d'une réaction chez un individu. Les souches d'arbres, nourries par leurs voisins vivants, participeraient à la mémoire collective et aideraient à donner une réponse collective plus rapide.
  • Un documentaire, qui sortira ce mois-ci au cinéma, explique ces découvertes, démontrant qu'une forêt est une entité en soi.

Voici un quatrième extrait du documentaire L'intelligence des arbres, diffusé par Jupiter Films, qui sera bientôt diffusé dans les salles de cinéma (à partir du 27 septembre), en même temps qu'un second film, Les trésors cachés des plantes. Dans les précédents articles (voir ci-dessous), nous avions vu que les arbres d'une forêt échangent des molécules par l'intermédiaire de la mycorhize, cette association intime entre racines et champignons, dont les filaments, souterrains, forment un réseau.

Les études scientifiques de ces dernières décennies ont montré qu'il y avait là un moyen de nourrissage des jeunes plants, les plus forts transmettant aux nouveaux venus leurs excès de sucre. Ces échanges sont aussi un moyen de communication. Un état de stress, lié entre autres à une attaque de parasites ou à un manque d'eau, peut engendrer une réaction d'un individu, laquelle pourra ainsi déclencher la même réponse chez les voisins. Plus précisément, un signal émis par un individu provoque chez ses voisins l'activation de certains gènes, qui synthétiseront les bonnes protéines, par exemple pour produire une substance insecticide.

Ces découvertes dessinent une image de la forêt assez différente de celle dont on a l'habitude. Les arbres qui y vivent sont des organismes sociaux, à la différence d'arbres vivant seuls, comme le saule notamment. En organisant une entraide, ils favorisent la constitution d'une forêt, un écosystème qui leur est favorable.

Les arbres nourrissent les souches qui se trouvent à proximité. Serait-ce une forme de parasitisme ? Les scientifiques ont une autre hypothèse, celle de la conservation d’une mémoire. © Jupiter Films, YouTube

Les vieilles souches auraient la mémoire d'évènements anciens

Dans cet extrait, Suzanne Simard (écologue canadienne) et Peter Wohlleben (forestier allemand) abordent une observation difficile à expliquer : la survie des souches. Si leur bois n'est pas mort alors qu'aucune feuille ne fabrique de molécules organiques, c'est que les cellules sont alimentées en sucres. Ce ne peut être que par l'intermédiaire du réseau fongique. Une souche est donc nourrie par les arbres autour d'elle. Mais pour quelle raison ?

Les observations des communications entre arbres et celles de la réponse collective à une attaque (parasites, sécheresse...) suggèrent l'existence d'une forme de mémoire, qui fonctionnerait un peu comme le système immunitaire des animaux. Les biologistes en déduisent l'hypothèse qu'une souche pourrait contenir une partie de cette mémoire. Celle-ci conserverait des informations sur des évènements anciens pouvant être utiles quand une situation semblable se présentera.

Ce beau documentaire, bien vulgarisé, nous montre la complexité du monde végétal, et aussi combien la recherche a, dans ce domaine, encore de magnifiques découvertes à faire.

La bande-annonce du documentaire L’intelligence des arbres. © Jupiter Films, YouTube

Les premières diffusions des deux documentaires L'intelligence des arbres et Les trésors cachés des plantes (durée totale : 1 h 20) auront lieu :

  • Au Club de l'Étoile (14 rue Troyon, Paris 17e), dimanche 24 septembre à 17 h :
    avant-première dans le cadre des Dimanches de la connaissance, suivie d'un débat avec François Bouteau, maître de conférences à l'université Paris-Diderot, spécialiste en neurobiologie végétale (réservations conseillées sur Weezevent).
  • À l'UGC Ciné Cité Les Halles (Paris 1er), lundi 25 septembre à 20 h 15 :
    avant-première suivie d'un débat avec François Bouteau (préventes sur UGC.fr).
  • À l'UGC Cyrano (7 rue Rameau, Versailles), dimanche 24 septembre à 18 h :
    avant-première suivie d'un ciné-débat animé par Jean-Baptiste Veyrieras, journaliste à Science & Vie, avec Félix Lallemand, biologiste au Muséum national d'histoire naturelle (préventes sur UGC.fr).
Pour en savoir plus

Les arbres transmettent leurs peurs

Article de Jean-Luc Goudet publié le 15 septembre 2017

Le documentaire L'intelligence des arbres montre l'étonnant système de communication souterrain entre les racines des arbres d'une forêt. Des échanges de nourriture ont été démontrés mais aussi l'émission de signaux chimiques d'alerte. C'est ce que nous montre cet extrait.

« Les arbres ressentent des émotions », explique Peter Wohlleben au début de ce court extrait du documentaire, L’intelligence des arbres, diffusé par Jupiter Films, qui sortira en France le 27 septembre, accompagné d'un second film, Les trésors cachés des plantes. L'assertion peut sembler sortir d'une secte de pseudo-sciences qui s'occuperait de trouver l'harmonie de la nature ou de faire écouter de la musique aux plantes. Il n'en est rien.

Nous sommes ici chez des scientifiques qui, tout simplement, prennent plaisir à nous expliquer leurs découvertes, s'égrenant sur des décennies. Les systèmes de défense des végétaux contre les agressions, l'équivalent du système immunitaire des animaux, restent mal connus.

Suzanne Simard (écologue), Peter Wohlleben (forestier) et leurs collègues nous présentent les études montrant comment des arbres peuvent, en quelque sorte, diffuser leurs peurs : quand un individu est agressé, il produit des signaux chimiques transmis à ses voisins à travers le réseau de champignons qui relie leurs racines. © Jupiter Films

Un arbre attaqué peut déclencher une défense chez ses voisins

Les équipes de chercheurs impliquées dans ce documentaire ont étudié des échanges moléculaires entre différents arbres voisins, au sein d'une forêt, par l'intermédiaire du mycélium, c'est-à-dire les réseaux de filaments enterrés, formés par des champignons et qui établissent des contacts étroits avec les racines. Comme l'ont montré les extraits précédents (voir articles ci-dessous), il s'agissait notamment de sucres et il y a bien une forme d'échange de nourriture entre les arbres d'une forêt.

Cet échange de signaux chimiques, c'est du jamais-vu.

Mais il y a autre chose puisque la production de substances toxiques pour les parasites (insectes, champignons...) est modifiée après des échanges avec des arbres voisins qui ont subi une attaque. Il y a donc bien une forme de communication entre végétaux reliés par leurs racines connectées au réseau du mycélium. Les informations transmises concernent donc l'état d'un végétal qui réagit à un stress. Alors pourquoi ne pas parler de peur ?

Les mots n'ont que peu d'importance, si ce n'est pour faire comprendre la complexité des phénomènes physiologiques chez les arbres. Ce documentaire, dont ces extraits ne fournissent qu'un avant-goût, nous les donne à voir, à travers le prisme de l'approche de ces biologistes et écologues. Une belle balade dans le monde végétal, où tant reste encore à découvrir.


L'étonnante découverte de « l'arbre-mère »

Article publié le 5 septembre 2017

Dans ce deuxième extrait du documentaire L'intelligence des arbres, diffusé par Jupiter Films à partir du 27 septembre, voyons comment l'étude des échanges de sucres entre les arbres d'une forêt montre une sorte de nourrissage : les arbres les plus jeunes reçoivent davantage de glucides qu'ils n'en donnent. Les auteurs désignent ce phénomène « arbre-mère ». Un concept passionnant.

Dans l'extrait précédent de L’intelligence des arbres que nous avions diffusé (ce documentaire de Jupiter Films sortira en France au cinéma le 27 septembre), Suzanne Simard (écologue) et Peter Wohlleben (forestier) nous avaient présenté la découverte d'un véritable réseau reliant plusieurs arbres. Celui-ci fonctionne grâce à l'association, connue de longue date, entre des champignons et des racines, la mycorhize. Suzanne Simard avait démontré l'échange de sucres entre individus.

Les études suivantes ont montré qu'à l'échelle d'un groupe d'arbres ainsi réunis, les échanges sont majoritairement dirigés des plus vieux vers les plus jeunes. Ce « Wood Wide Web » sert de passage de nourriture, conduisant à la notion « d'arbre-mère ». Au laboratoire, ces échanges via le réseau fongique (les champignons) ont été démontrés sur des sapins de Douglas. Placés dans le même pot mais isolés dans des filtres, des arbres se transmettent des substances, même si leurs racines ne se touchent pas, à condition toutefois que les filaments de champignons puissent, eux, traverser le tissu. Ces échanges sont effectivement directifs : un petit arbre déjà bien installé absorbe davantage de sucres qu'il n'en a besoin. Il transmet le surplus à celui qui est arrivé plus tard et qui dispose de moins de ressources.

Suzanne Simard et Peter Wohlleben expliquent la notion d’arbre-mère dans cet extrait du documentaire L’intelligence des arbres. © Jupiter Films, YouTube

Un regard neuf sur le monde végétal

Pour expliquer ces échanges, les biologistes interrogés utilisent des expressions pouvant sembler anthropomorphiques : « arbre-mère », nourrissage, allaitement... Ce ne sont, bien sûr, que des images pour faire comprendre les phénomènes en jeu. En fait, ces analogies ne sont pas exactement anthropomorphiques. Elles s'appuient sur une vision non pas seulement humaine, mais animale.

C'est là un point important, car si les mots manquent pour décrire ces échanges entre plantes, c'est parce que ceux-ci ne sont étudiés que depuis peu et qu'ils dessinent une image assez nouvelle du monde végétal, ici la forêt fonctionnant comme un groupe d'individus sociaux. Dans les prochains extraits de ce documentaire, nous verrons comment ces échanges sont aussi le support d'une communication. Des signaux chimiques se propagent d'un individu aux autres et en modifient le comportement. Étonnant, non ?


Exclusivité : les arbres sont intelligents !

Article publié le premier septembre 2017

Le 27 septembre, sortira en France un documentaire comme on les aime, L'intelligence des arbres. Il expose les découvertes de chercheurs ayant démontré des échanges de nourriture et d'informations entre les arbres d'une forêt, témoignant d'entraide, de stratégies collectives et de mémoire. Partenaire du diffuseur Jupiter Films, Futura est heureux de vous présenter des extraits exclusifs, dont voici le premier, qui nous parle d'un réseau souterrain...

Promis, après avoir vu ce documentaire de Jupiter Films, vous ne verrez plus les forêts de la même manière. Dans cet extrait, nous entendons d'abord Suzanne Simard, écologue canadienne à l'université de Colombie-Britannique. Avec son équipe, elle a découvert que des bouleaux et des sapins de Douglas échangent des molécules par l'intermédiaire du réseau de champignons intimement lié aux racines, la mycorhize.

Les arbres d'une forêt s'aident littéralement entre eux. Les bouleaux expédient des sucres aux jeunes sapins qui manquent de lumière et, à la mauvaise saison, les sapins en envoient vers les bouleaux qui ont perdu leurs feuilles. Peter Wohlleben, forestier allemand, donne une explication : ces arbres ont besoin de la forêt. Ce sont des êtres sociaux (à la différence d'espèces solitaires, comme le saule ou le peuplier). L'intérêt pour eux est de coopérer car l'environnement forestier leur est utile. L'humidité y est retenue, des familles d'animaux, de plantes, de micro-organismes et de champignons y trouvent un habitat propice.

Des isotopes du carbone ont servi à démontrer que deux espèces des forêts canadiennes, le sapin de Douglas et le bouleau, échangent des molécules par leurs racines. Les arbres d’une forêt sont des êtres sociaux et la communication entre eux leur est bénéfique. © Jupiter Films, YouTube

Les arbres communiquent vraiment entre eux

Les observations conduisent à l'idée qu'une forêt n'est pas qu'une collection d'arbres. C'est une entité, qui réagit selon ses intérêts et entretient son environnement. On peut oser la comparaison avec la fourmilière, dont le comportement n'est pas la simple addition des mouvements des fourmis.

L'idée communément admise est celle de la compétition, pas de la coopération. Pour autant, ces découvertes ne sont pas nouvelles. Les premières observations de Suzanne Simard sur les échanges entre sapins datent de 1997 (voir les liens au bas de cet article) et l'association de racines et de champignons pour former la mycorhize est connue depuis beaucoup plus longtemps. Les botanistes savent depuis des lustres qu'un arbre isolé n'a pas la même croissance qu'en forêt. Mais ces connaissances lentement acquises se diffusent mal auprès du grand public. Très impliqués dans la vulgarisation, Suzanne Simard et Peter Wohlleben ont, chacun de leur côté, contribué à faire connaître ces nouvelles visions. La première a par exemple donné une passionnante conférence TEDx et le second a écrit un livre, La vie secrète des arbres, qui a connu un grand succès.

Ensemble, ils participent à ce documentaire L’intelligence des arbres, réalisé par Julia Dordel et Guido Tölke, qui sera distribué en France par Jupiter Films à partir du 27 septembre prochain. Futura vous le fait découvrir en exclusivité. Il y aura d'autres extraits. Connaissez-vous le Wood Wide Web et la notion d'arbre-mère ? Non ? Alors ne manquez pas nos prochains rendez-vous !