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Tigre de Sibérie

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Tigre de Sibérie (Temminck 1844) - Panthera tigris altaïca

  • Ordre : Carnivora
  • Famille : Felidae
  • Sous famille : Pantherinae
  • Ordre : Panthera
  • Taille : 3,00 à 3,50 m (0,90 à 1,10 m au garrot)
  • Poids : 200 à 350 kg
  • Longévité : 15 à 18 ans

Statut de conservation UICN : EN en danger

Description du tigre de Sibérie
 
Le tigre de Sibérie appartient à la plus grande des sous-espèces de tigres, et est le plus puissant des Félins existants. Il se distingue par une fourrure plus épaisse qui s'éclaircit en hiver. Elle lui permet de supporter les températures extrêmes qui règnent dans son milieu naturel, et de mieux se camoufler dans la neige. Son pelage jaunâtre, orange clair ou roux est barré de rayures noires et les poils de son ventre, de son poitrail et de l'arrière des pattes sont blanchâtres rayés de noir également. Il possède un corps long et massif, des pattes larges et des griffes impressionnantes qui atteignent les 10 centimètres. Les pattes postérieures sont plus longues que les antérieures.

Tigre de Sibérie. © Patrick Straub
Tigre de Sibérie. © Patrick Straub

Habitat du tigre de Sibérie
 
On localise le tigre de Sibérie dans les bassins des fleuves Amour et Oussouri, dans l'Extrême Orient russe, en Chine septentrionale et en Corée. On ignore s'il existe encore des populations en Corée du Nord, mais quelques centaines de spécimens vivent à l'état sauvage en Corée du Sud. Son environnement de prédilection est la taïga, forêt boréale dans laquelle prédominent les sapins et autres conifères. Mais y trouve également quelques feuillus tels que les bouleaux, les saules et les sorbiers. Les températures moyennes atteignent 10 à 15°C en été et peuvent chuter à - 40°C ou plus en hiver.
 
Comportement du tigre de Sibérie
 
Compte tenu de la faible densité de proies à sa disposition, le tigre vit en solitaire sur un vaste territoire qui recouvre de 500 à 1.300 km² selon que ce soit une femelle ou un mâle. Lorsqu’il trouve une nourriture suffisante, il peut arpenter son fief pendant plusieurs années. Mais en cas de disette, il vagabonde en parcourant de longues distances. Il peut ainsi franchir près de 50 kilomètres par jour. Le tigre marque les frontières de son domaine avec ses fèces ou à l’aide de jets d’urine sur les arbres ou les arbustes. Il peut également marquer l’écorce de ses griffes puissantes.

Le tigre de Sibérie vit en solitaire. © Patrick Straub
Le tigre de Sibérie vit en solitaire. © Patrick Straub

Le territoire d’un mâle peut recouvrir celui d’une ou de plusieurs femelles. Le tigre est un formidable prédateur qui peut briser le crâne d’un sanglier adulte d’un seul coup de ses impressionnantes canines, et il n’hésite pas à attaquer et à tuer l’ours malchanceux qui se sera aventuré sur son domaine. Contrairement à ce que l’on pourrait penser de la part d’un « grand chat », le tigre est très à l’aise dans l’eau. C’est un excellent nageur et il sait être endurant, même en haute mer. La puissance de ses muscles lui permet de pratiquer des sauts en longueur de 6 à 11 mètres, et près de 4 en hauteur sans élan. Il possède également une vitesse de course impressionnante sur courte distance et peut atteindre les 50 km/h sur une vingtaine de mètres. Comme tous les félins, il prend un soin extrême à entretenir sa fourrure qu’il passe des heures à lustrer.
 
Reproduction du tigre de Sibérie
 
L’accouplement peut intervenir à n’importe quelle saison, mais c’est surtout en hiver qu’il se produit. La femelle prend l’initiative en marquant les arbres de jets d’urine ou en feulant pour attirer le mâle. Mais l’affaire n’est pas gagnée pour autant car le mâle peut faire face à une période de rejet. Lorsque la femelle est devenue plus réceptive, les deux partenaires procèdent à des préliminaires : frottements, roulades, poursuites et mordillements avant l’accouplement proprement dit. La tigresse n’est féconde que pendant une durée de trois à sept jours. Les deux fauves peuvent alors s’accoupler de vingt à cinquante fois par jour afin de multiplier les chances. Le couple reste uni pendant la période des chaleurs et le mâle chasse pour le compte des deux. À la fin des chaleurs, le mâle retourne à sa solitude.

La gestation s’étend sur une période de quatre-vingt quinze à cent douze jours, au terme de laquelle la tigresse met bas deux à quatre petits. Ceux-ci naissent aveugles dans une tanière située à proximité d’un point d’eau. La tigresse éliminera sans pitié le tigreau malformé afin de lui éviter une vie de souffrance. D’ailleurs, malgré la vigilance de leur mère, seule la moitié des jeunes sains atteindront l’âge adulte. Pendant les deux premiers mois ils passent leur temps à téter et à dormir. Ensuite ils sortent de la tanière et commencent à goûter aux aliments solides tout en continuant à boire le lait de leur mère jusqu’à six mois. À ce moment là, la tigresse change de tanière et entraîne les jeunes à sa suite. Elle les abandonne lorsqu’elle part en chasse et les tigreaux apprennent à rester silencieux.

Tigresse et son petit. © Dave Pape, domaine public
Tigresse et son petit. © Dave Pape, domaine public

Après six mois, la tigresse les emmène avec elle pour leur inculquer les méthodes de chasse et surtout à rester concentrés et silencieux. Vers 1 an, les mâles auront atteints la taille de leur mère. À 2 ans, ils sont capables de tuer de grosses proies. Ils feront preuve d’un semblant d’autonomie, mais ne quitteront définitivement leur mère et le territoire que vers l’âge de 3 à 5 ans. Ils devront alors se constituer leur propre domaine et entrer en compétition avec d’autres Félins. La maturité sexuelle des mâles est atteinte entre 4 et 5 ans, et chez les femelles entre 3 et 4 ans.

Régime alimentaire du tigre de Sibérie
 
Ses proies de prédilection sont les cerfs qu’il traque en milieu boisé, utilisant le camouflage de sa robe pour les approcher au plus près. Le tigre chasse à l’affût et à l’approche mais manque sa proie neuf fois sur dix. Le fauve chasse en fin de journée lorsque l’obscurité commence à tomber. Il traque également des sangliers, des ours, et pêche des poissons en rivière à la manière des Ursidés.
 
Menaces sur le tigre de Sibérie
 
Il existe six sous-espèces de tigres encore en vie. Celle de Bali, de Java et de la Caspienne sont éteintes. L'effectif des tigres de Sibérie est estimé à moins de cinq cent individus disséminés en Russie, en Chine et peut-être en Corée du Nord. Suite à une réintroduction réalisée avec succès, environ cinq cent individus vivent à l'état sauvage en Corée du Sud.
 
Bien qu'il soit protégé, le Félin n'est pas épargné par le braconnage. En effet, il possède une fourrure qui représente une importante valeur marchande (environ 10.000 €), et dans la pharmacopée des populations extrêmes orientales, ses organes sont très convoités pour leurs pseudo-vertus curatives.
 
Un sommet regroupant les hauts responsables de treize pays abritant des tigres a eu lieu récemment (novembre 2010) à Saint-Petersburg en Russie. Il avait pour but de mettre en place un programme international destiné à doubler la population des tigres à l'état sauvage d'ici à 2022. Le meilleur élève de la classe est la Russie qui a réussi en un demi-siècle à quadrupler les effectifs. Dans les années soixante il ne restait qu'une centaine de tigres de Sibérie encore en vie dans le kraï (subdivision régionale) de Khabarovsk et les monts Sikhote Aline...

Photo d'un tigre de Sibérie. © Patrick Straub Photo d'un tigre de Sibérie. © Patrick Straub

Tigre de Sibérie - 4 Photos


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