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Reportages d'antan : en 1984, le piratage vidéo menace le cinéma

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Les nouvelles technologies ouvrent des opportunités inédites aux pirates. Grâce à elles, il est en effet possible de dupliquer des films dès leur sortie en salle pour les diffuser largement sans rémunérer leurs créateurs. Découvrez un reportage complet, diffusé par l'Ina, montrant le démantèlement d'un puissant réseau « d'aigrefins ».

Certains vidéoclubs, explique ce reportage, écouleraient par milliers des cassettes enregistrées illégalement... © Ina

Ce 15 mars 1984, Geneviève Guicheney, présentatrice de Soir 3, un des journaux de FR3 (pour France Régions 3), lance un sujet sur une nouvelle délinquance, le piratage de films de cinéma vendus clandestinement en cassettes vidéo. Une équipe de gendarmes spécialisés, le « Bastion 14 », vient de mettre « onze pirates sous les verrous », au cours d'une enquête sur « un simple vol de Cartes bleues », démantelant ainsi « un vaste trafic de vidéocassettes, le premier réseau qu'elle [la police] ait démantelé jusqu'à maintenant ».

Les forces de l'ordre, explique le reportage de Gilles Vaubourg et Philippe Guinet, ont saisi plusieurs milliers de cassettes. « Certaines copies de films 35 mm [note pour les plus jeunes : un antique format de pellicule utilisé au cinéma] étaient subtilisées avant toute projection publique. En deux heures, les films devenaient cassettes. » Elles partaient alors dans de multiples directions, dont certains vidéoclubs, clairement désignés comme suspects.


Sueurs froides, de Alfred Hitchcock, « avant sa sortie » (le film a été présenté aux Etats-Unis en 1958), « le film de Travolta sorti le 23 avril » (peut-être Second Chance, de John Herzfeld), mais aussi Mesrine et Gwendoline : ce sont quelques-unes des prises des gendarmes du Bastion 14, avec Le RuffianLes morfalous et La chèvre. © Ina

La loi favorise le piratage

Interrogé par Gilles Vaubourg, René Château (distributeur connu), présenté comme un « distributeur film Belmondo », affirme que la moitié des vidéocassettes vendues dans les vidéoclubs et « sous le manteau » sont des copies illégales. Selon lui, la nouvelle loi défavorise les éditeurs et les producteurs. Il la voudrait plus répressive pour les pirates, à l'image de la législation mise en place aux Etats-Unis « par Ronald Reagan ».

Pourtant, Jack Lang, ministre de la Culture, est catégorique. « Nous avons décidé de mener une action déterminée et [...] impitoyable contre les pirates. La piraterie est un vol [...] qui peut ruiner l'industrie du cinéma », affirme-t-il. Le journaliste surenchérit en citant le « décret Lang », qui interdit la vente d'un film sous forme de cassettes vidéo pendant un an après sa sortie en salle. Ce délai offre un joli marché aux pirates, qui, remarquons-le, faisaient à l'époque payer leurs clients.

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