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Nouvelles pathologies : les maladies du jeu vidéo

ActualitéClassé sous :jeux vidéo , Idiopathic eccrine hidradenitis , PlayStation palmar hidradenitis

A l'instar de la pratique sportive, le jeu vidéo engendrera-t-il sa propre médecine, avec ses affections dédiées et ses spécialistes ? On pourrait le penser en se référant au cas d'une fillette de 12 ans, atteinte de PlayStation palmar hidradenitis...

PlayStation 3. Crédit : Sony

Le cas n’est pas nouveau mais il est significatif. Une équipe de recherches vient de décrire le cas d'une fillette de 12 ans, traitée au Geneva University Hospital (Suisse), présentant des lésions particulièrement douloureuses sur les paumes des mains. Et ce à l'exclusion de toute autre partie du corps.

Le premier examen avait abouti à un diagnostic d'idiopathic eccrine hidradenitis, une affection dont souffrent quelquefois des enfants participant à certaines activités physiques lourdes, telles le jogging, et souvent liée à des frottements cutanés liés à une transpiration abondante. Cependant, ces symptômes se portent rarement au niveau des mains, excepté dans le cas de surentraînement en vue de certaines compétitions d'athlétisme (barres fixes ou parallèles, aviron...).

Après plusieurs entretiens entre les parents et le corps médical, il est apparu que plusieurs jours avant l'apparition des lésions, la fillette avait commencé à jouer sur une PlayStation à raison de plusieurs heures par jour. Elle avait ensuite continué à utiliser sa console de jeu, mais moins intensivement, et ce comportement avait été jugé sans rapport avec la maladie.

Les chercheurs ont alors suspecté un rapport entre le jeu et l'apparition des symptômes. L'excitation provoquée par un jeu auquel on participe activement, l'impatience d'obtenir un résultat - ou la crainte de perdre des points - et la transpiration des mains peuvent conduire à des effets nocifs. Les paumes des mains subissent la même agression que la plante des pieds lors d'un jogging mal contrôlé : des microlésions apparaissent, rapidement aggravées par la transpiration.

Remède simple : l'abstinence

Les médecins ont alors décidé la seule chose susceptible de soulager la fillette de ses douloureuses plaies cutanées : pas de PlayStation pendant 10 jours !

« Nous avions diagnostiqué au départ un idiopathic eccrine hidradenitis. Cependant, nous proposons que la variante présentée par ce patient puisse être appelée plus précisément PlayStation palmar hidradenitis, car le jeu vidéo est de plus en plus considéré comme un problème de santé alarmant », affirment les chercheurs dans la livraison de février 2009 du British Journal of Dermatology.

Et de fait, la jeune patiente a confirmé le diagnostic de ses médecins, puisqu'après 10 jours d'abstinence totale de la PlayStation, son affection cutanée avait complètement disparu.

« La plupart des symptômes de ce type de dépendance sont généralement considérés comme psychologiques... Mais récemment, des pathologies précises, telles que des tendinites aigües, appelées Wiiitis, ont été décrites. D'autres ont encore été ajoutées aux affections liées à l'abus de jeux vidéos », ajoutent les chercheurs.

Nina Goad, porte-parole de l'association dermatologique britannique, indique qu'il s'agit d'une découverte très intéressante qui sera rapidement partagée avec d'autres dermatologues afin de pouvoir poser un diagnostic précis lors de l'observation de symptômes inhabituels, jusqu'ici difficiles à traiter faute d'antécédents connus.

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