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Supple, l'interface qui s'adapte automatiquement à l'utilisateur

ActualitéClassé sous :informatique , Supple , système d'exploitation

Pour les personnes handicapées, ce logiciel (un prototype) règle lui-même les paramètres d'affichage (taille des fenêtres et des caractères, vitesse de la souris...). Et pour tout utilisateur, Supple pourrait aussi adapter l'affichage d'un logiciel à la taille d'un écran.

Lorsque l'on a du mal à voir l'écran, la loupe, une fonction logicielle intégrée au système d'exploitation, est indispensable, mais elle doit être déclenchée manuellement. De même, pour qui a des difficultés motrices, la souris peut être difficile à apprivoiser. A l'université de Washington, une équipe d'informaticiens s'est attaquée à ce problème et a conçu Supple (souple, en anglais). Ce logiciel, qui vient d'être présenté à la conférence annuelle de l'Association for the Advancement of Artificial Intelligence, règle lui-même les paramètres de l'interface (actuellement celle du Mac) aux capacités motrices et visuelles de l'utilisateur.

Supple commence par proposer un test simple où l'on doit déplacer le pointeur de la souris. Sur un cercle de petits disques par exemple, il faudra pointer celui qui est coloré, puis amener rapidement le pointeur sur une ligne verticale. Le logiciel enregistre la vitesse du déplacement et la précision du pointage. Une fois l'exercice terminé, Supple génère une interface personnalisée. La taille des boutons à cliquer et la vitesse du pointeur de la souris, notamment, seront ajustées aux performances mesurées. La taille idéale des fenêtres sera elle aussi déterminée, en tenant compte également de la surface de l'écran.

Une fenêtre (au centre) modifiée par Supple de deux manières différentes. A gauche, le logiciel agrandit les boutons et les zones montrant les choix proposés. L'utilisateur, qui se sert d'un trackball à la place d'une souris et qui le manipule à l'aide de son menton, a des difficultés à positionner précisément le pointeur de la souris. A droite, Supple a adapté la fenêtre pour une personne dont les mouvements de la souris sont très lents mais précis. Toutes les zones cliquables sont visibles, au prix d'une réduction de la taille des caractères et des boutons. © University of Washington

La machine s'adapte à l'homme

Dans chaque fenêtre apparaît une colonne supplémentaire permet de préciser les ajustements. Par exemple, une touche permet de grossir les caractères, le réglage choisi sera ensuite repris dans tous les logiciels utilisés. Le test prend 20 minutes à une personne normale et jusqu'à une heure et demie à une personne handicapée.

Dans les exemples montrés par l'équipe (et notamment sur une vidéo, en anglais, visible sur le site de l'université de Washington), les fenêtres et les boutons sont agrandies pour une personne ne pouvant utiliser qu'un trackball en guise de souris, qu'elle manipule avec le menton. Ses mouvements sont rapides mais peu précis et sa difficulté est donc de viser juste. En revanche, pour une autre personne, victime d'une atrophie musculaire, dont les mouvements sont précis mais lents, les fenêtres seront agrandies. Les boutons seront alors plus petits mais un plus grand nombre d'éléments de la fenêtre seront visibles à l'écran et elle aura donc moins souvent besoin d'en faire défiler le contenu (voir la figure au bas de l'article).

Une expérience en situation réelle a montré que les différences entre une personne handicapée et une autre sont réduites de 62%. « Les technologies d'assistance sont réalisées avec comme principe de base que ce sont les gens qui doivent s'adapter à la technologie, résume Krzysztof Gajos, l'un des auteurs. Nous essayons d'inverser ce principe et faire en sorte que le logiciel s'adapte à la personne. »

Même sans handicap, on aimerait entendre ce discours plus souvent. D'ailleurs, comme c'est souvent le cas avec les solutions imaginées pour les handicapés, Supple pourrait servir de modèle pour les interfaces classiques. Ce logiciel permet déjà d'adapter l'affichage à la taille et même à la qualité de l'écran.

Mais, comme le précisent les auteurs, pour généraliser l'idée de cette présentation autoconfigurable, il faudrait repenser complètement la conception des interfaces utilisateur... Selon Krzysztof Gajos, ce principe pourrait plus facilement être adopté dans les applications Web, c'est-à-dire installées sur le serveur d'un site.

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