La coopérative Commown mise sur de l'électronique durable et éthique via une location longue durée. © PheelingsMedia, Adobe Stock
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L’électronique peut être responsable

ActualitéClassé sous :électronique , smartphone , comportement éco-responsable

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Face à l'obsolescence programmée, un autre mode de consommation est possible : l'économie de la fonctionnalité, comme la défend Commown avec son offre de location de matériel électronique.

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Et si nous passions à l'économie de la fonctionnalité ? C'est le pari que s'est lancé depuis 2018 la coopérative Commown en faveur de l'électronique durable et éthique. L'idée est de proposer du matériel électronique à la location pour le faire durer, que ce soit des smartphones, des ordinateurs, des tablettes ou encore des composants audio. À la différence de nombreuses autres offres, Commown a opté pour la location longue durée avec service et sans option d'achat, ou Hardware as a service (HaaS), car c'est la seule à avoir du sens du point de vue écologique.

Les entreprises comme les particuliers ont alors le choix des services associés comme l'aide au paramétrage, l'assistance à l'usage au quotidien, le dépannage, la réparation et/ou remplacement du matériel pendant toute la durée de location en cas de panne, de casse ou de vol... Le projet associe les rares producteurs engagés vers une électronique plus responsable comme Fairphone ou why! pour les soutenir dans leur démarche plus vertueuse et à long terme les accompagner vers ce modèle HaaS.

La coopérative Commown engagée pour une électronique plus responsable. © Commown

Contrer l’obsolescence par des biens durables

« Tout est parti du constat que les fabricants de matériel électronique avaient intérêt à ce que les consommateurs achètent régulièrement de nouveaux objets. La seule façon de vendre dans un marché saturé, c'est de pousser au renouvellement, ce qui peut être à l'origine des différents mécanismes d'obsolescence », explique Adrien Montagut, l'un des cofondateurs de Commown. « Inversement, avec l'économie de la fonctionnalité, les pannes et casses sont à la charge du fournisseur, donc qui a intérêt à proposer des biens durables ».

Le mécanisme est vertueux puisque avec la réparation du matériel, Commown se constitue un arsenal de pièces détachées encore en état de fonctionnement pour éviter de devoir en commander d'autres. C'est dans la logique du reconditionnement sur lequel la coopérative ne s'est pas encore positionnée, car focalisée sur le préventif plus que sur le curatif, « mais l'idée est dans les tuyaux », précise Adrien Montagut

Une Scic en B2B et B2C

À ce jour, Commown compte déjà plus de 1.400 appareils en circulation, essentiellement des TPE/PME, des entreprises issus de l'ESS, des associations, des fondations, avec des flottes jusqu'à 20 appareils. Selon Adrien Montagut, « si au début, nos premiers clients étaient déjà fortement sensibilisés à la question, nous accueillons de plus en plus d'entreprises aussi intéressées par la qualité de service et les avantages comptables comme la simplification de la gestion des budgets annuels, le lissage des flux de TVA ou encore la préservation de leurs capitaux propres ».

Les particuliers sont aussi concernés avec une offre en B2C destinée à toutes les personnes intéressées par l'électronique responsable. D'ailleurs, la coopérative a justement choisi un statut de Scic (Société coopérative d'intérêt collectif) pour partager une vision solidaire. Tout le monde peut être sociétaire et ainsi décider des orientations de la coopérative. « La flotte de nos appareils est un bien commun, dont tous peuvent être copropriétaires », précise Adrien Montagut.

Une offre adaptée et rentable

Une des questions qui revient cependant fréquemment concerne la viabilité économique d'un tel modèle. C'est forcément plus cher comparé à l'achat seul du matériel, mais il ne faut pas oublier d'inclure dans l'équation tous les coûts indirects, comme l’assurance ou la réparation. Surtout que pour s'adapter au mieux aux besoins, différents niveaux de service et de tarif sont proposés. En plus, les offres incluent des baisses de tarifs dès la deuxième année. Il devient alors plus rentable de passer par ce système de location que d'opter pour un renouvellement de matériel tous les trois à cinq ans comme c'est en moyenne le cas.

« Nous sommes aussi énormément à l'écoute de nos sociétaires et clients. Nous avons par exemple mis en place un service de location ponctuelle de tablettes comme ça nous a été suggéré », raconte Adrien Montagut. La coopérative œuvre aussi d'ailleurs vers l'accompagnement dans la prise en main de logiciels libres comme Linux, /e/ OS... « bref tout ce qui peut participer la dé-GAFAM-isation, la relocalisation, l'éthique ou la sobriété ! ».

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