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Dossier - Les débuts de la psychanalyse
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Christian Talin

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L'hostilité générale n'empêcha pas la psychanalyse de prendre de l'extension dans deux directions : sur la carte géographique, du fait que l'intérêt à son endroit surgit dans des pays toujours nouveaux, et dans le champ des sciences de l'esprit, du fait qu'elle trouva à s'appliquer dans des disciplines toujours nouvelles. En 1909, le président G. Stanley Hall invita Sigmund Freud et Carl Gustav Jung à donner à la Clark University de Worcester (petite ville à l'ouest de Boston, État du Massachusetts), qu'il dirigeait alors, des cours sur la psychanalyse, auxquels furent d'ailleurs réservé un accueil amical. La psychanalyse est depuis lors restée populaire aux États-Unis, encore que, dans ce pays, beaucoup de superficialité et maints emplois abusifs s'abritent sous son nom.

  
DossiersLes débuts de la psychanalyse
 

D'après Freud, toutes les maladies mentales ne relèvent pas de la psychanalyse. D'après lui, l'hypnose s'applique à l'hystérie, mais non aux maladies mentales comme la paranoïa, la mélancolie ou la démence précoce, la schizophrénie.

On avait remarqué depuis longtemps que l'hystérie était liée à la sexualité. La médecine grecque considérait l'hystérie comme une maladie exclusivement féminine. Mais c'est faux. Par la suite, on s'apercevra que les hommes présentent aussi des maladies hystériques.

La psychiatrie française au début du xixe siècle à Paris avec l'aliéniste français Philippe Pinel (1745-1826), Jean Étienne Dominique Esquirol (1772-1840) à Toulouse, puis Jean Martin Charcot à Paris estiment que les relations sexuelles ont un rôle dans la genèse de l'hystérie. C'est Sigmund Freud qui soutiendra et approfondira la thèse de l'étiologie (c'est-à-dire, en médecine, science de la cause) sexuelle des névroses, thèse qui scandalisera ses contemporains.

L'école française traitait l'hystérie par des méthodes d'hypnose et de suggestions qui consistaient à plonger le malade dans un état de sommeil artificiel. Dans cet état, le malade reste accessible à la suggestion, par exemple le médecin lui ordonne de remuer, de marcher... et le malade l'accomplit. Le malheur est qu'avec cette méthode les symptômes, en particulier les contractures, réapparaissent quand l'état hypnotique prend fin. De plus, dans l'hypnose, le sujet revivait des scènes de son passé, mais ce souvenir disparaissait dès le réveil ; enfin le transfert affectif qui s'établissait entre le malade et son thérapeute s'avérait souvent intempestif et obligeait parfois à suspendre la cure. Freud renonce donc à cette méthode (l'hypnose). Voir p. 25 : « Or, je n'aimais pas l'hypnose ; c'est un procédé incertain et qui a quelque chose de mystique. » Freud revient à la méthode de Joseph Breuer, l'entretien ; terme qui ne doit pas être pris à la lettre. On souhaite que cet entretien ressemble à un monologue du malade. C'est le malade qui doit parler. Ainsi Sigmund Freud conseille à ses élèves une attitude d'attention constante. Lui-même ne prend aucune note craignant que cela fausse l'entretien.

Apportons deux nuances :

  • Freud découvrira bientôt le phénomène du transfert où le patient projette ses fantasmes sur la personne du médecin, l'identifiant souvent à son père...
  • Les psychanalystes contemporains tendent à admettre de plus en plus que le psychanalyste n'est pas seulement une oreille, mais il doit jouer le rôle d'un catalyseur (présence nécessaire). Les analystes admettent que pour jouer ce rôle, la personnalité du médecin n'est pas étrangère à son attitude à être catalyseur.