Sciences

1re remarque

Dossier - Les débuts de la psychanalyse
DossierClassé sous :philosophie , psychanalyse , Freud

Christian Talin

-

L'hostilité générale n'empêcha pas la psychanalyse de prendre de l'extension dans deux directions : sur la carte géographique, du fait que l'intérêt à son endroit surgit dans des pays toujours nouveaux, et dans le champ des sciences de l'esprit, du fait qu'elle trouva à s'appliquer dans des disciplines toujours nouvelles. En 1909, le président G. Stanley Hall invita Sigmund Freud et Carl Gustav Jung à donner à la Clark University de Worcester (petite ville à l'ouest de Boston, État du Massachusetts), qu'il dirigeait alors, des cours sur la psychanalyse, auxquels furent d'ailleurs réservé un accueil amical. La psychanalyse est depuis lors restée populaire aux États-Unis, encore que, dans ce pays, beaucoup de superficialité et maints emplois abusifs s'abritent sous son nom.

  
DossiersLes débuts de la psychanalyse
 

Les premiers travaux de Freud réalisés en collaboration avec J. Breuer portent sur l'hystérie qui est une maladie psychosomatique, c 'est-à-dire une maladie de « l'âme » qui retentit sur le corps (= somatisation) - maladie d'ailleurs très répandue à l'époque.

La malade du docteur Joseph Breuer, Bertha Pappenheim, dite Anna O., vécue à Vienne (1859-1936). Son hystérie se manifeste par des contractures, la catalepsie (sommeil profond dans lequel tombe le malade avec une certaine rigidité du corps), des convulsions, etc. On constate que certains symptômes disparaissent à condition que le malade en parle. Le principe de la guérison et de la méthode consiste donc à faire parler le malade.

Joseph Breuer

Explication

- Souffrant depuis la mort de son père de troubles hystériques spectaculaires, elle rencontre J. Breuer en 1880 et prend l'habitude de l'entretenir de ses symptômes, de lui raconter ses fantasmes, ses hallucinationsCes entretiens réguliers, conduits le plus souvent sous hypnose, sont bientôt investis d'une fonction thérapeutique inattendue lorsque l'un des symptômes d'Anna O. disparaît totalement à la faveur fortuite de son évocation. Anna O. prend alors l'initiative d'appliquer systématiquement ce procédé au cours des séances suivantes avec Breuer.

Freud est conduit à admettre qu'il existe des affections psychogènes, alors qu'il était jusque-là, en raison de sa formation médicale, un strict « organiciste ». La cause de ces affections (le malade est affecté) doit être cherchée non dans une lésion organique, mais dans une situation psychologique liée elle-même à un trouble des relations interpersonnelles, familiales, sociales. La guérison n'est donc pas affaire de médicaments. S. Freud appelle ces troubles l'hystérie de conversion parce que la situation psychologique se convertit en symptômes somatiques. Il ne faut pas en conclure que toutes les affections mentales sont psychogènes. L'attitude du xixe siècle fut de chercher une cause organique, et ce fut un succès.