« Secundinus cacor », découverte d'une insulte antique gravée dans la pierre

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[EN VIDÉO] Les experts du passé : de mystérieuses inscriptions gallo-romaines  À Rennes, en fouillant une ancienne villa gallo-romaine, des archéologues ont découvert d'étranges inscriptions gravées. Ce rare témoignage est entouré de mystère. Qui en est à l’origine et pourquoi se trouve-t-il là ? Tant de questions auxquelles l’Inrap (Institut de recherches archéologiques préventives) nous répond au cours de ce nouvel épisode des Experts du passé. 

Des chercheurs ont découvert une pierre romaine gravée bien surprenante et, il faut bien le dire, assez drôle sauf probablement pour le destinataire de cette gravure. La pierre datant d'il y a presque 2.000 ans a été trouvée sur le site de Vindolanda au nord de l'Angleterre par le biochimiste Dylan Herbert qui ne s'est aperçu de l'incongruité de sa découverte qu'après l'avoir débarrassée de la boue qui la recouvrait. L'objet de 40 centimètres de long portait en effet une inscription latine destinée à un certain Secundinus.

Le biochimiste Dylan Herbert est l'auteur de la découverte de la pierre gravée. © Vindolanda Charitable Trust

Une silhouette sans équivoque

Celui-ci s'est ainsi vue affublée du surnom « Secundinus cacor » (version tronquée de « Secundinus cacator ») qu'il n'est pas besoin de traduire pour en comprendre le sens. De plus et afin peut-être d'ôter au lecteur le moindre doute quant à son opinion de Secundinus, l'auteur a parachevé son œuvre en gravant à côté de l'explicite inscription, un pénis dont la silhouette ne laisse aucune place à l'interprétation archéologique. Il semble donc que cette représentation aujourd'hui courante existait déjà il y a près de 2.000 ans et qu'elle était suffisamment en vogue pour qu'un hargneux romain l'ait gravée dans la roche.

La pierre gravée de l'inscription « Secundinus cacor » et du dessin d'un pénis laisse peu de place au doute quant à la qualité des relations entre l'auteur et le destinataire. © Vindolanda Charitable Trust