Certaines étoiles chaudes de type B, en rotation rapide, s'entourent d'un disque de gaz. Celui-ci, qui est observé dans la région équatoriale de l'étoile, est alimenté par des éjections de matière, c'est ce que l'on appelle le phénomène Be. Mais le processus qui conduit à ces éjections de matière reste inconnu.

au sommaire


    Variations photométriques d'étoiles Be multipériodiques  SMC5_13978 (haut) et SMC5_14212 (bas). Les fréquences sont indiquées sur chaque courbe en cycles/jour, ces variations de lumière pouvant être imputées aux pulsations de ces étoiles. Obs. Paris.

    Variations photométriques d'étoiles Be multipériodiques SMC5_13978 (haut) et SMC5_14212 (bas). Les fréquences sont indiquées sur chaque courbe en cycles/jour, ces variations de lumière pouvant être imputées aux pulsations de ces étoiles. Obs. Paris.

    Cela vous intéressera aussi

    Si l'évolution de ces étoilesétoiles ainsi que leur vitessevitesse de rotation sont fortement influencées par la métallicitémétallicité, ou composition chimique du milieu, d'autres phénomènes pourraient intervenir dans les éjections de matièrematière, comme les pulsations.

    Une équipe de chercheurs de l'Observatoire de Paris a utilisé le VLTVLT (Very Large Telescope) de l'ESOESO équipé du spectrographespectrographe multi-objets GIRAFFE en mode MEDUSE en relation avec les bases de donnéesbases de données photométriques OGLE et MACHO afin d'observer 350 étoiles chaudes (O, B, Be) de la galaxiegalaxie du Petit Nuage de MagellanPetit Nuage de Magellan situées près de l'amas ouvertamas ouvert NGC330.

    Champ observé dans le Petit Nuage de Magellan. L'amas NGC330 est visible en bas. Sur cette image, le nord est en haut et l'ouest à droite. Crédit Observatoire de Paris.
    Champ observé dans le Petit Nuage de Magellan. L'amas NGC330 est visible en bas. Sur cette image, le nord est en haut et l'ouest à droite. Crédit Observatoire de Paris.

    L'étude des spectresspectres et courbes de lumièrelumière de ces astresastres au sein d'un milieu pauvre en métauxmétaux a permis de mettre en évidence plusieurs nouveaux systèmes binairessystèmes binaires, en constatant dans la majorité des cas d'étoiles Beétoiles Be en milieu de faible métallicité une plus grande dimension de leurs disques, mais aussi de détecter pour la première fois des pulsations sur 13 de ces astres.

    Sur base spectrographique, en corrélant vitesse de rotation et massesmasses stellaires, il a été permis d'établir que les disques de la plupart des étoiles Be du Petit Nuage de Magellan sont plus grands que dans le Grand Nuage de MagellanGrand Nuage de Magellan ou dans la Voie LactéeVoie Lactée.

    Image du site Futura Sciences

    Système d'étoiles binaires SMC5_000977.  En haut, les 2 composantes spectrales correspondant aux 2 étoiles du système lors de différentes phases. En bas, les courbes de lumière montrant les éclipses mutuelles des 2 étoiles de ce système dans 2 couleurs. (Période de 3,128 jours.)
    Crédit Observatoire de Paris.

    Il semblerait aussi que le rapport des étoiles Be face aux étoiles B soit plus élevé dans le Petit Nuage de Magellan, ce qui peut être expliqué par une vitesse de rotation plus rapide en milieu de faible métallicité.

    Mais l'étude des courbes de lumière a aussi permis de mettre en évidence des pulsations à fréquencefréquence variable dans 13 des étoiles Be observées dans le Petit Nuage de Magellan, soit 10 % de l'échantillonnageéchantillonnage total. Parmi elles, 9 présentent une variabilité à court terme, indice semblant confirmer l'hypothèse de pulsations non radiales qui, combinées à une vitesse de rotation élevée, pourraient contribuer à alimenter les disques de ces étoiles. Jusqu'ici, les modèles théoriques ne prévoyaient pas de telles pulsations dans les étoiles en milieu de faible métallicité, comme le Petit Nuage de Magellan.

    Référence (entre autres)

    Be stars and binaries in the field of the SMC open clustercluster NGC330 with VLT-FLAMES - C. Martayan, M. Floquet, J. Gutiérrez-Soto, A.-M. Hubert, M. Mekkas, C. Neiner (GEPI Observatoire de Paris, France), Juan Fabregat (Observatoire Astronomique de Valencia, Espagne).

    Source : Observatoire de Paris.