Le « Mois sans tabac » incite des millions de fumeur à réduire ne pas fumer durant un mois entier. © Knurt Wiarda, Fotolia
Santé

Mois Sans Tabac : Les meilleures techniques pour arrêter de fumer

Question/RéponseClassé sous :Santé , mois sans tabac , sevrage tabagique
 

Depuis le 1er novembre 2019, le quatrième « Mois sans tabac » bat son plein. Cette campagne de sensibilisation aide les 12 millions de fumeurs en France à arrêter la cigarette en communiquant sur plusieurs méthodes : patch, cigarette électronique, hypnose, etc. Un tabacologue fait le tri parmi les solutions de sevrage tabagique disponibles.

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[EN VIDÉO] La dépendance au tabac est-elle inscrite dans notre ADN ?  Le tabagisme est la première source de mortalité évitable dans le monde. Au-delà de la dépendance, fumer augmente le risque de cancers ou de maladies cardiovasculaires. Uwe Maskos, chef de l’unité Neurobiologie intégrative des systèmes cholinergiques à l’Institut Pasteur, nous parle des causes et conséquences du tabagisme durant cette interview. 

Entre les traditionnels substituts de nicotine de type patch ou gomme, les dispositifs plus récents comme la e-cigarette ou encore les méthodes dites « alternatives » telles que l'acupuncture ou l'hypnose, le fumeur qui souhaite arrêter la cigarette n'a que l'embarras du choix. Mais quelles sont les méthodes les plus efficaces ? Le Professeur Bertrand Dautzenberg, tabacologue et ancien pneumologue à la Pitié Salpêtrière, nous éclaire. 

Les patchs pour un sevrage progressif

Pour bien choisir son dispositif de sevrage, il faut d'abord comprendre son propre rapport à la cigarette. Selon Bertrand Dautzenberg, il faut distinguer deux types de fumeurs : « Il faut savoir qu'il y a [...] ceux qui ont une véritable addiction à la nicotine et qui ressentent le besoin de fumer dès le matin, car leur corps est en demande de nicotine, et ceux pour qui la dépendance à la cigarette relève davantage de l'ordre psychologique. »

Pour les personnes réellement dépendantes au tabac, le corps doit se désintoxiquer en diminuant progressivement son taux de nicotine. « Ils ont besoin de recevoir des doses de nicotine non fumées par les substituts comme les patchs ou la gomme. Une fois qu'on est passé à la nicotine, il faut arriver à fumer zéro cigarette pour faire baisser le besoin de nicotine du corps », explique le professeur Dautzenberg.

Via les patchs, la nicotine se diffuse progressivement dans le corps. Cela permet aux fumeurs d'abaisser les doses en nicotine : « Les besoins diminuent d'environ un tiers par mois, ce qui veut dire que l'on peut être sevré au bout de trois mois grosso modo », précise-t-il.

Le patch à la nicotine, une solution pour les personnes vraiment dépendantes au tabac. © RegBarc, Wikimedia Commons, CC by-sa 3.0

La cigarette électronique comme solution de soutien

La cigarette électronique ou e-cigarette peut aussi permettre aux fumeurs de se détourner de la cigarette classique. Dans son quotidien de médecin, le tabacologue Bertrand Dautzenberg a déjà observé des résultats positifs : « Je vois beaucoup de patients qui s'arrêtent de fumer après la e-cigarette. Ce sont donc des ex-fumeurs et des ex-vapoteurs. On voit aussi des vapoteurs exclusifs qui restent dépendants à la nicotine. Mais c'est un tout un petit nombre et il y en a tout autant, si ce n'est plus, qui continuent à vapoter pour "s'occuper les mains". »

L'e-cigarette peut être une solution de secours quand l'envie de fumer devient trop forte : « Je recommande aussi à mes patients de garder une cigarette électronique avec eux pendant la première année de sevrage, car cela peut représenter un bouclier de sécurité. Par exemple, si on se retrouve en soirée avec des personnes qui fument et qu'on a envie d'allumer une cigarette » propose-t-il.

La cigarette électronique peut être un soutien au sevrage tabagique. © scyther5, Shutterstock

Les méthodes alternatives pour arrêter de fumer

Beaucoup de fumeurs se tournent vers des méthodes comme l'acupuncture ou l’hypnose pour les aider dans leur démarche de sevrage. « Si l'acupuncteur explique au patient qu'il va l'aider en identifiant ses points de force, pas de problème, c'est seulement après que le côté psycho comportemental du patient entre en jeu. Culpabiliser le patient est contre-productif. Quant à l'hypnose, je n'ai pas de preuve de son efficacité, mais je pense qu'elle peut éviter les risques de rechute en associant l'image de la e-cigarette à d'autres images qui pourraient aider à ne pas refumer. »

La motivation est également un facteur clé pour diminuer sa consommation de cigarette, « on sait qu'aujourd'hui plus de 80 % des fumeurs décident d'arrêter de fumer tout seuls, sans médecin », indique le Pr Dautzenberg. Selon lui, les applications smartphone peuvent être un bon complément : « Les gens aiment suivre leurs progrès : depuis combien de jours ils ne fument plus, combien ils ont gagné d'argent... Cela peut représenter un facteur de motivation supplémentaire. »

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