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Les adaptations

Dossier - Darwin, dessine moi les hommes
DossierClassé sous :biologie , darwin , mutation

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D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? trois questions existentielles que les hommes ne peuvent pas ne pas se poser. Les sciences de l'évolution ont pour objectif, de donner des éléments de réponse à la première de ces trois questions.

  
DossiersDarwin, dessine moi les hommes
 

1 – L'adaptation la plus étonnante

Yin - Quelle est l'adaptation la plus étonnante que tu connaisses ?

Claude

J'attribue la médaille d'or de l'adaptation à une plante... très originale : une plante carnivore ! Les plantes carnivores sont des végétaux a priori très ordinaires, avec racines, tiges, feuilles et fleurs. Toutefois, elles capturent des insectes ou d'autres petits animaux, les digèrent et obtiennent ainsi un supplément de ressources par rapport à celles que leur procure l'assimilation chlorophyllienne. La sélection naturelle a pourvu les plantes carnivores d'adaptations plus déconcertantes les unes que les autres, allant de surfaces visqueuses à de véritables pièges comportant des parties mobiles.

L'une des plantes carnivores les plus « astucieuses » dans la chasse aux insectes se nomme Nepenthes. Certaines de ses feuilles sont devenues des urnes profondes, dont le fond est occupé par le liquide qui digère les proies. À elle seule, cette transformation d'une feuille en piège mortel justifierait le qualificatif d'étonnante. Mais il y a mieux... Il faut non seulement que la proie se pose sur les parois de l'urne mais il faut surtout qu'elle tombe et reste dans le fond de l'urne ! Ce résultat est obtenu par un revêtement glissant qui se désagrège sous les pattes de l'insecte : dans neuf cas sur dix, la victime se... casse la figure et se retrouve noyée dans le liquide qui est au fond de l'urne.

Plante carnivore du genre Nepenthes (photos Laurence GAUME, CNRS Montpellier, suivre les flèches…)

(a) Feuille transformée en urne, montrant la zone cireuse glissante. (b) Zone cireuse composée de 'tuiles' dirigées vers le bas et recouverte d'un manteau de cire. (c) Cristaux de cire aisément détachables formant la partie superficielle de la zone cireuse. (d) Dispositif expérimental montrant une mouche entrain de 'déraper' sur la zone cireuse. (e) Extrémités des pattes des mouches montrant deux pelotes adhésives soyeuses contaminées par la cire. (f) Soies des pelotes 'collées' par la cire.

2 – L'adaptation la plus mystérieuse

Yin - Existe-t-il des adaptations que l'on ne sait pas expliquer ?

Claude

: Bien sûr ! Il ne manque pas d'adaptations qui rendent les spécialistes perplexes. Les requins-marteaux sont, tu le sais, des créatures étranges dont la tête s'étire à droite et à gauche en une sorte d'aileron aplati, aux extrémités duquel se trouvent les yeux. Vu par dessus ou par dessous, un requin-marteau ressemble à la lettre "T". Les requins-marteaux sont un sujet de réflexion favori pour nombre de biologistes qui s'efforcent de répondre à la question : à quoi cela peut-il bien servir ? Question d'autant plus pertinente qu'il n'existe que huit espèces de requins-marteaux contre environ 360 espèces de requins "non-marteaux". Il n'y a pas une réponse mais des réponses, par exemple : l'écartement des yeux donne au requin-marteau une vision en relief accentuée du monde qui l'entoure, ou bien l'aileron permet à l'animal de faire facilement demi-tour grâce à ses propriétés hydrodynamiques.

Il est clair que les ancêtres lointains des requins-marteaux n'avaient pas d'aileron et que des mutations déterminant le changement de forme ont été sélectionnées. Le fait que la majorité des requins ne possèdent pas cet aileron n'est pas un argument contre sa valeur adaptative : les mutations ont pu apparaître dans une seule lignée de requins et par conséquent n'être la cible de la sélection que dans celle-ci.

Yin - Je te propose une autre explication : la sélection naturelle est pleine d'humour.

À quoi cela peut-il bien servir ? Le requin-marteau pose une énigme aux évolutionnistes