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Dossier - Darwin, dessine moi les hommes
DossierClassé sous :biologie , darwin , mutation

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D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? trois questions existentielles que les hommes ne peuvent pas ne pas se poser. Les sciences de l'évolution ont pour objectif, de donner des éléments de réponse à la première de ces trois questions.

  
DossiersDarwin, dessine moi les hommes
 

Dans un angle du plus grand tableau qu'il ait jamais peint, aujourd'hui exposé au Museum of Fine Arts de Boston, Paul Gauguin a écrit « D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?, trois questions existentielles que les hommes ne peuvent pas ne pas se poser. Les sciences de l'évolution ont pour objectif, à travers l'analyse des êtres vivants du passé et de ceux d'aujourd'hui, de donner des éléments de réponse à la première des trois questions de Paul Gauguin...

De tout temps, les hommes ont été les témoins de transformations dans l'univers qui les entouraient : nos premiers ancêtres avaient certainement observé qu'un nuage change de forme en quelques minutes, qu'une fleur se fane en quelques jours, qu'un petit d'homme grandit en quelques mois. De ces processus qu'ils voyaient se dérouler sous leurs yeux, de ces "objets" qui changeaient avec le temps, les hommes avaient donc une vision transformiste.

Par contre, rien de ce qu'ils pouvaient observer chez les lions, les ours, les chèvres et les hommes n'indiquait à nos ancêtres que ces espèces se transformaient au cours du temps en d'autres espèces : de génération en génération, les animaux sauvages et les plantes qui les entouraient demeuraient semblables à eux-mêmes. De ces objets-là, les hommes ne pouvaient avoir qu'une vision fixiste.

On comprend donc pourquoi le concept fixiste de la vie, selon lequel les espèces n'évolueraient pas, a longtemps prévalu. Sauf quand on s'adresse aux bactéries - que nos ancêtres ne connaissaient pas ! - l'évolution est la plupart du temps trop lente pour être perçue et, quand rien n'indique le changement, on conclut logiquement qu'il n'existe pas : sur une photo de la Renault des Grands Prix de Formule 1 photographiée au 1/1.000e de seconde, il est difficile de déterminer si la voiture est immobile ou si elle passe à toute vitesse devant l'objectif.

Le premier vrai transformiste a été Jean-Baptiste Monetchevalier de Lamarck : au tout début du 19e siècle, il proclamait déjà qu'une espèce pouvait, au cours des temps, se transformer en une autre espèce. Un peu plus tard, Geoffroy Saint Hilaire était le premier à formaliser le concept d'unité du monde vivant. En 1859, Charles Darwin proposait la sélection naturelle comme mécanisme sous-jacent essentiel de l'évolution, tandis que Gregor Mendel faisait faire ses premiers pas à la génétique. Dès lors, tout au long du 20e siècle et le début du 21e, les découvertes s'accumulèrent, précisant de nombreux aspects de la variation, de l'hérédité, de la formation des espèces, en un mot de notre passé.

On ne doit pas dissimuler que l'enrichissement continuel des sciences de l'évolution est allé de pair avec des débats et controverses qui en ont parfois obscurci les acquis. Par leur démarche qui consiste à remonter le temps, les sciences de l'évolution se sont en effet trouvées dans la position d'un enquêteur qui veut reconstituer les conditions d'un événement qu'il n'a pas vu et ne pourra jamais voir directement. Cette situation donne quelquefois aux non-biologistes une vision floue, voire inexacte, des avancées bien réelles des sciences de l'évolution. C'est la raison pour laquelle j'ai écrit « Darwin, dessine-moi les hommes » (Éditions Le Pommier, Paris, 2006)...