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Opiacés : centres de réaction au stress du cerveau et problèmes de sevrage

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Selon de nouveaux travaux de recherche menés en France, l'altération du mécanisme de réaction au stress du cerveau aggrave les symptômes de sevrage de drogue chez les souris, tandis qu'une hormone baptisée corticostérone les atténue.

Opiacés : centres de réaction au stress du cerveau et problèmes de sevrage

L'étude, qui était partiellement financée dans le cadre d'une bourse Marie Curie de l'Union européenne, est publiée dans la dernière édition de la revue Neuron.

La dépendance à l'égard des opiacés, tels que l'héroïne, est un problème majeur de santé publique dans de nombreuses régions du monde. Selon les chiffres de l'Observatoire européen des drogues et toxicomanies, la plupart des 1,7 million de toxicomanes de l'UE sont des héroïnomanes, et plus des deux tiers des morts subites liées à la drogue dans l'UE impliquent des opioïdes.

Ches les consommateurs d'opiacés, le pic qui suit la prise de la drogue est inévitablement suivi d'une dépression caractérisée par de graves symptômes de sevrage, tels que des douleurs, des nausées, de l'agitation et des sueurs. La sévérité de ces symptômes signifie qu'il est extrêmement difficile pour les toxicomanes de se défaire de leur dépendance, d'autant que les traitements actuels sont incapables de soulager efficacement les symptômes de sevrage.

Dans le cadre de cette nouvelle recherche, les scientifiques ont étudié le rôle d'une molécule appelée corticolibérine (CRF) dans la régulation de la réaction de l'organisme à l'accoutumance aux opiacés et aux symptômes de sevrage.

CRF1 est une molécule réceptrice située à la surface de la cellule et qui déclenche des réactions à l'intérieur de celle-ci quand elle est activée. Comme son nom le suggère, quand elle est activée, elle provoque la libération d'une hormone appelée corticotrophine, et le système CRF-CRF1 aide l'organisme à faire face aux événements stressants.

Les chercheurs ont créé des souris dépourvues du gène du récepteur CRF1 et leur ont administré des doses de plus en plus fortes de morphine avant d'arrêter le traitement pour induire les symptômes de sevrage. Ils ont découvert que les souris dépourvues de la CRF1 souffrent de symptômes de sevrage beaucoup plus forts, et ce plus longtemps que les souris normales. Ils ont également détecté dans le cerveau des souris des changements génétiques indiquant que les circuits de réaction au stress du cerveau ne fonctionnent pas normalement.

Toutefois, l'ajout de corticostérone dans l'eau de boisson des souris atténue les symptômes de sevrage chez celles qui sont dépourvues du récepteur CRF1 et rétablit les circuits de réaction au stress du cerveau.

« Les résultats de la présente étude montrent que, de même que les systèmes de stress hyperactifs, les déficiences graves des composantes majeures du système de réaction au stress peuvent aggraver les réactions somatiques au sevrage de drogue », écrivent les chercheurs.

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