Santé

Trois fois plus d’antennes-relais pour moins d’ondes électromagnétiques ?

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Pour limiter l'exposition aux ondes électromagnétique sans pour autant se débarrasser des téléphones portables, le Copic, un comité d'experts chargés de la surveillance de ces ondes, propose une solution surprenante : tripler le nombre d'antennes-relais !

Les antennes-relais nécessaires au téléphone mobile émettent des ondes électromagnétiques. Pour réduire l’intensité de ces ondes à 0,6 volt par mètre, il faudrait en implanter trois fois plus selon une étude récente. © France64160, Wikimedia Commons, cc by sa 2.0

En quelques années seulement, le téléphone portable est devenu un accessoire considéré comme quasi-indispensable au point qu'il est difficilement envisageable de s'en séparer aujourd'hui. Cette introduction rapide dans la vie quotidienne n'a cependant pas permis aux scientifiques de prendre le recul nécessaire pour en évaluer tous les dangers.

Certains spécialistes suspectent les ondes électromagnétiques d'être à l'origine de certains cancers et notamment au niveau du cerveau, l'organe qui reçoit les plus hautes doses d'ondes au cours de communications. Sur ce point, les études chez les animaux s'accumulent. Ces rayonnements altéreraient par exemple la physiologie chez le rat et rendrait l'animal moins vif. Cependant, les travaux réalisés chez l'Homme ne permettent pas pour le moment d'affirmer l'existence d'un lien entre un usage modéré des téléphones mobiles et le développement de cancers.

Le lien entre utilsation modérée du téléphone portable et cancer n'a pas encore été établi par les études scientifiques. Absence d'effet ou manque de recul ? La question finira bien par être tranchée. © Watz, Flickr, cc by nc sa 2.0

Les autorités prennent cependant cette hypothèse au sérieux. À la suite d'une table ronde sur les radiofréquences organisée par le ministère de la santé en mai 2009, le comité ministériel d'expérimentation de l'abaissement de l'exposition du public aux ondes (Copic) a vu le jour. Ce groupe comprend une trentaine de parties prenantes telles que des associations, des fabricants de matériels, des opérateurs de téléphonie mobile et des services de l'État.

Une enquête sur 16 villes pilotes

Entre 2009 et 2013, le Copic avait pour mission d'étudier l'effet d'une diminution des ondes électromagnétiques émises par les antennes-relais sur la qualité de la couverture du réseau. En d'autres termes, ce comité cherchait une solution pour réduire l'intensité des ondes tout en conservant un réseau de téléphonie mobile correct. Le rapport de ces quatre années d'investigation est désormais disponible en ligne.

Pour cette expérience, 16 quartiers pilotes ont été sélectionnés. Leur choix est censé représenter la diversité environnementale du pays afin d'avoir une bonne indication de l'exposition des Français aux ondes électromagnétiques émises par les antennes-relais. Parmi les zones sélectionnées, on trouve Grenoble, Cannes, La Rochelle et le 14e arrondissement de Paris.

Certains points géographiques isolés, appelés points plus exposés (PPE), qui comme leur nom l'indique sont plus exposés que la moyenne, ont été mis en évidence. Cependant, une simulation de modification d'ingénierie ou d'emplacement des antennes montre qu'il est possible de réduire l'exposition de ces PPE sans dégradation significative de la couverture.

Trois fois plus d’antennes-relais ?

Dans un premier temps, un état des lieux a été réalisé sur chaque zone d'expérimentation. Les résultats montrent que les niveaux d'exposition moyens émis par les antennes sont globalement assez faibles et très inférieurs aux valeurs limites réglementaires situées entre 40 et 61 volts par mètre (V/m). En effet, environ 90 % des niveaux d'exposition sont inférieurs à 0,7 V/m et 99 % à 2,7 V/m.

Dans un second temps, les experts ont réalisé des simulations numériques afin de connaître l'effet d'une réduction des ondes électromagnétiques sur la couverture du réseau. Leurs résultats montrent qu'un abaissement de l'exposition à 0,6 V/m (une limite réclamée par plusieurs associations) s'accompagne d'une forte détérioration du réseau. Pour faire face à cette diminution, il serait alors nécessaire de tripler le nombre d'antenne-relais de téléphonie mobile. Cela garantirait aux Français une faible exposition tout en conservant une couverture mobile satisfaisante.

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