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Le téléphone portable donne faim au cerveau !

L’utilisation du téléphone portable augmenterait l’activité cérébrale au niveau des régions situées près de l’antenne. Les auteurs de l’article sont formels, mais ne veulent pas conclure quant à une éventuelle conséquence, comme le développement de tumeurs au cerveau suite à une utilisation prolongée de ces appareils.

Les téléphones portables affameraient les zones du cerveau proches de l'antenne. Faut-il téléphoner plus pour maigrir ? © Compujeramey, Flickr, CC by 2.0 Les téléphones portables affameraient les zones du cerveau proches de l'antenne. Faut-il téléphoner plus pour maigrir ? © Compujeramey, Flickr, CC by 2.0

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De nombreuses études essaient de répondre à la question, sans réellement pouvoir conclure. Alors, les téléphones portables, incontournables depuis la fin des années 1990, sont-ils réellement dangereux pour la santé ? Si la réponse n’est toujours pas très claire, l’on sait aujourd’hui, grâce à une nouvelle étude parue dans la revue Journal of the American Medical Association, que l’utilisation du téléphone a au moins une influence sur le cerveau.

Il était déjà supposé que les téléphones gardés en poche étaient néfastes pour les spermatozoïdes, les cellules les plus exposées aux ondes électromagnétiques émises par l’appareil. De plus, les antennes-relais sont sans cesse la cible de la colère du voisinage, malgré des études qui prouveraient l'absence d'effet de ces émetteurs sur le développement de cancers

Rappelons tout de même que si ces ondes électromagnétiques sont de la même famille que les inoffensives ondes de la bande FM, elles sont encore plus proches de celles utilisées dans les fours à microondes. L’inquiétude est donc légitime et l’utilisation du téléphone portable chez les enfants, qui sont en plein développement de leur cerveau, est d’ailleurs déconseillée.

Un téléphone sur chaque oreille

Pour essayer de mieux comprendre l’effet de l’usage du téléphone sur le cerveau, Nora D. Volkow et ses collègues ont étudié 47 volontaires en bonne santé, entre le 1er janvier et le 31 décembre 2009. Sur chacune de ces personnes, deux expériences ont été menées : l’une avec deux téléphones placés chacun sur une oreille pendant 50 minutes, en s’assurant que les deux appareils étaient éteints, et l’autre dans les mêmes conditions mais avec l’un des deux téléphones allumé, n’émettant toutefois aucun son (pour ne pas activer la zone du cerveau qui traite le son).

La tomographie par émission de positons permet de mesurer notamment la consommation de glucose par les différents organes ou régions du corps. © Jens Langner, Flickr, domaine public
La tomographie par émission de positons permet de mesurer notamment la consommation de glucose par les différents organes ou régions du corps. © Jens Langner, Flickr, domaine public

Le cerveau a ensuite été marqué par tomographie par émission de positons (TEP). Cette technique permet de suivre le métabolisme des organes, grâce à l’injection préalable d’un traceur marqué par un atome radioactif (dans ce cas du fluorodéoxyglucose, marqué au fluor 18). Ce radiotraceur se comporte comme le glucose et est donc acheminé vers les organes qui veulent en consommer et s’accumule donc dans l’organe gourmand en énergie.

Une consommation supérieure de 7 %

Alors que l’activité globale du cerveau n’est pas modifiée, les régions du cerveau situées proche de l’antenne du téléphone allumé montrent une augmentation de leur consommation de glucose de 7 % (35,7 micromoles de glucose pour 100 grammes par minute contre 33,3). Le cortex orbitofrontal et le pôle temporal, uniquement du côté droit où le téléphone allumé était placé, subissent donc une modification significative (statistiques à l’appui) de leur métabolisme sous l’effet des ondes émises par le téléphone. Les auteurs ne s’aventurent toutefois pas à imaginer les conséquences cliniques que ces résultats peuvent laisser supposer.

À son échéance en 2010, l’étude Interphone qui évaluait le lien entre les personnes malades de cancers et l’utilisation du portable n’avait pas permis de corréler ces deux faits et a même montré, parfois, une diminution de certains cancers chez les utilisateurs... L’étude Cosmos, quant à elle, qui s’intéresse aux personnes en bonne santé, ne devrait apporter ses conclusions qu’en 2030 ou 2040.


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