Santé

L'isotrétinoïne en traitement de l'acné : gare à la dépression

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Le médicament le plus efficace contre l'acné, l'isotrétinoïne, augmente les risques de dépression et de suicide. L'Afssaps demande à ce qu'un test de détection des troubles dépressifs soit effectué avant prescription.

Avant de traiter l'acné, soyez vigilant afin d'évaluer les bénéfices et les risques liés à l'usage de l'isotrétinoïne. © Phovoir
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L'isotrétinoïne fait débat. C'est à l'heure actuelle « la seule molécule permettant de traiter l'acné sévère » explique Brigitte Dréno, chef du service de dermatocancérologie du CHU de Nantes. Cependant, face aux risques de dépression et de suicide susceptibles d'être provoqués par ce médicament, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) en a renforcé les conditions de prescription. Cette dernière devrait ainsi être bientôt précédée d'un test de détection des troubles dépressifs.

Avant d'être généralisée, la pratique de ce test a fait l'objet d'une « étude de faisabilité ». « Nous voulions savoir si cet outil serait facilement utilisé par les médecins sans faire peur aux parents » poursuit Brigitte Dréno. Pendant huit mois, une centaine de dermatologues l'ont utilisé auprès de dix patients chacun. Les conclusions de leur travail seront connues au début 2012.

L'isotrétinoïne, dont on voit la structure tridimensionnelle, est le principe actif de divers médicaments contre l'acné. Elle a de nombreux effets secondaires, y compris sur le système cardiovasculaire ou le système respiratoire. © MindZiper, DP

En attendant, si votre adolescent doit être traité, parlez-en avec votre médecin. « Un médicament ne sera jamais prescrit contre la volonté d'un patient, poursuit Brigitte Dréno. Dans notre pratique, nous nous rendons compte que la gêne engendrée par l'acné est telle que les patients veulent être traités. » L'acné sévère peut en effet se révéler un véritable fardeau social, les boutons laissant parfois des cicatrices indélébiles.

Un suivi psychologique régulier doit être mis en place

Brigitte Dréno insiste sur l'importance d'un suivi régulier en consultation. Une approche qui, observée régulièrement, « permettrait de se rendre compte de tout changement d'humeur ». Actuellement, les jeunes filles sont reçues tous les mois pour renouveler leur prescription, délivrée exclusivement en l'absence de grossesse. En effet, l'isotrétinoïne est susceptible de provoquer des malformations graves chez le fœtus. Elles doivent donc présenter un test de grossesse négatif tous les mois pour poursuivre leur traitement. Quant aux garçons, ils font l'objet d'un contrôle psychologique « tous les deux mois ».

Enfin, bien sûr, la vigilance des parents est primordiale : si vous remarquez un isolement ou une tristesse inhabituelle et persistante chez votre adolescent (qu'il soit sous traitement ou pas d'ailleurs) n'hésitez pas à en faire part à votre médecin.

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