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Attentats du 11 septembre : les conséquences sanitaires et psychologiques

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Les pompiers ayant travaillé sur le site des attentats portent de nombreuses séquelles, psychologiques et physiques. © mountsinai.org

Dix ans après le 11 septembre 2001, les attentats résonnent encore dans la tête des New Yorkais. Ajoutées aux souffrances psychologiques, les conséquences sanitaires sont nombreuses et durables. Selon plusieurs études, cancers et affections respiratoires sont le lot des pompiers et des rescapés des attentats du World Trade Center.

Affections respiratoires, cancers, dépression, syndrome de stress post-traumatique... Dix ans après les attentats qui ont à jamais marqué le 11 septembre 2001, une étude américaine dresse un état des lieux inquiétant de leurs conséquences sanitaires. Elles seront particulièrement durables pour les New Yorkais, et plus particulièrement bien sûr pour les sauveteurs qui ont œuvré sur le site du World Trade Center.

Le travail en question a été réalisé par des médecins du Mount Sinai Hospitalsur 27.000 de leurs concitoyens. Il s'agissait principalement de policiers, de pompiers, de sauveteurs et d'employés municipaux parmi ceux qui ont du travailler à Ground Zero durant les semaines qui ont suivi les attentats.

Les chiffres de l'après 11 septembre

D'une manière générale, plus d'une personne sur cinq a rapporté au moins un trouble physique ou mental. Dans le détail, et dix ans après l'événement :

  • 28 % des personnes concernées souffrent d'asthme, 42 % de sinusite chronique et 39 % de reflux gastro-œsophagien ;
  • 42 % des patients présentent « des anomalies pulmonaires » radiologiquement décelables ;
  • 7 % des policiers qui sont intervenus à Ground Zero souffrent de dépression, 9% présentent un syndrome de stress post-traumatique (STPT) et 8 % sont régulièrement en proie à des crises d'angoisse. Concernant des professionnels formés à la gestion du stress et de la violence, ces chiffres sont saisissants ;
  • 48 % des sauveteurs aujourd'hui asthmatiques souffrent également de dépression, d'un stress post-traumatique ou de crises d'angoisse.

Comme le souligne Juan Wisnivesky, auteur principal de ce travail, « les sauveteurs arrivés les premiers sur les lieux sont bien sûr les plus touchés. Ils ont été exposés fortement à un mélange complexe de substances cancérigènes incluant du benzène, de l'amiante, des dioxines, des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et autres fibres de verre ».

Comme l'indique cette inscription de Ground Zero, les Américains n'oublieront jamais les attentats du 11 septembre 2001. © DR

Dans une autre étude, des médecins de l'Albert Einstein College of Medicine de New York, ont chiffré les conséquences de ces expositions en matière de cancers. Résultat : les pompiers qui ont travaillé sur Ground Zero ont aujourd'hui un risque de cancer supérieur de 19 % à celui de leurs collègues qui n'ont pas eu à officier sur les ruines des tours jumelles.

« Ces travaux montrent l'importance du suivi à long terme de tous ces patients qui vivent aujourd'hui avec de nombreux problèmes de santé, conclut Wisnivesky. Et ces derniers vont persister encore de nombreuses années. »

Syndrome de stress post-traumatique : le fléau des New Yorkais

Pour la plupart, les attentats perpétrés le 11 septembre 2001 sont encore la source d'une souffrance psychologique intense. Ils sont même encore très nombreux à souffrir du syndrome de stress post-traumatique, ou trouble de stress post-traumatique (TSPT), comme nous l'avons vu plus haut.

Les symptômes du TSPT sont variés et particulièrement handicapants : accès de colère, état d'hypervigilance, troubles de la concentration, pensées suicidaires... Le TPST peut également s'accompagner de dépression, de troubles somatiques, de phobies et entraîner par exemple, une dérive toxicomaniaque. Dans les faits, 30 % à 80 % des personnes atteintes d'un trouble de stress post-traumatique présenteront un épisode dépressif majeur.

Le New York City Department of Health and Mental Hygiene a suivi depuis le 11 septembre 2001, près de 70.000 personnes qui ont fait partie des victimes des attentats du World Trade Center. Cinq ans plus tard, 20 % présentaient un TPST contre 14 % deux ans après l'acte terroriste. Les taux d'incidence les plus élevés ont été relevés parmi les habitants les plus défavorisés (32 %) et au sein de la communauté hispanique (31 %).

Dix ans après l'un des événements les plus traumatisants de la dernière décennie, des milliers d'Américains conservent des séquelles psychologiques durables.

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