Mais où est passé l’implant contraceptif ? © bongkarn, Fotolia

Santé

Patient hors norme : son implant contraceptif migre jusqu'au poumon

ActualitéClassé sous :femme , implant contraceptif , contraception hormonale

Au Portugal, une femme devait se faire retirer l'implant contraceptif qui lui avait été posé dans le bras. Mais les médecins ont constaté que l'objet avait migré jusqu'à son poumon gauche, où il a dû être retiré par chirurgie. Récit de cette mésaventure.

Une publication de la revue BMJ Case Reports, reprise sur le site de Livescience, décrit le cas très rare d'une femme de 31 ans qui utilisait un implant comme contraceptif. En bonne santé, elle n'avait jamais subi d'opération. Elle s'était fait poser son premier implant en 2010. Celui-ci avait été remplacé par un deuxième en 2013, puis un troisième en 2017.

L'implant en question était un Implanon NXT. Il comprend un tube de plastique, impossible à absorber par l'organisme, qui mesure environ quatre centimètres de long et deux millimètres de diamètre. L'implant se place généralement sous le bras, en sous-cutané, et libère des hormones de manière continue. Contenant au départ 68 milligrammes d'étonogestrel, il doit être remplacé au bout d'un certain temps (trois ans pour Nexplanon®). D'après le site officiel choisirsacontraception.fr, l'implant est un mode de contraception efficace à 99,9 %.

Pendant trois mois, la patiente a eu des saignements anormaux de l'utérus. Elle a donc consulté le service de gynécologie de l'hôpital de Santa Luzia à Viana do Castelo, au Portugal, afin de se faire retirer l'implant. Mais l'examen médical n'a pas permis de localiser l'implant contraceptif dans son bras.

Des cas très rares de migration d'implants dans l'organisme

Une radiographie a révélé que l'implant se trouvait... au niveau du lobe inférieur de son poumon gauche ! Des examens complémentaires ont été réalisés et ont montré que la localisation de l'implant était intravasculaire. La patiente a été opérée lors d'une chirurgie assistée par vidéo, sans résection pulmonaire, c'est-à-dire sans couper le tissu pulmonaire. Il n'y a pas eu de complications suite à cette opération délicate et la patiente est rentrée chez elle au bout de quatre jours.

L’implant est de forme cyclindrique. © RFBSIP, Fotolia

D'après les auteurs, un implant peut plus facilement migrer s'il est inséré profondément dans les tissus et qu'il rejoint le système veineux. De même, si la patiente pratique une activité physique intense après la pose, le risque de migration de l'implant serait plus important.

La migration d'un implant jusqu'au poumon reste très rare, mais ce n'est pas un cas isolé. Ainsi, en 2017, un autre cas de migration de l'implant vers le poumon a été décrit à Séoul en Corée du Sud chez une femme de 37 ans. Ce cas avait lui aussi fait l'objet d'une publication médicale. D'après les auteurs de cet article, la migration de l'implant au-delà de deux centimètres de distance reste rare.

En France, en 2016, l'ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) a publié une note d'information concernant le risque de migration des implants contraceptifs. Entre 1995 et 2015, 18 cas de migration ont été recensés dans des vaisseaux, y compris dans l'artère pulmonaire, et dans la paroi thoracique. Onze cas sur les 18 concernaient l'implant Nexplanon®. Pour cet implant, le taux de notification de migration vasculaire serait de 1,3 cas pour un million d'implants vendus.

  • Au Portugal, une femme devait se faire retirer son implant contraceptif en raison de saignements anormaux.
  • Le médecin ne l’a pas trouvé dans le bras où il avait été posé, car il avait migré jusqu’au poumon gauche.
  • L’implant a été retiré par chirurgie et il n’y a pas eu de complications.
Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour.

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !

Cela vous intéressera aussi

Un robot pourrait-il remplacer un chirurgien ?  Les robots chirurgiens se développent, se perfectionnent et sont de plus en plus présents dans les salles d’opération aux côtés des chirurgiens. Mais remplaceront-ils un jour complètement les praticiens ?