Un antibiotique utilisé contre la lèpre offre un espoir de traitement contre un cancer du sein agressif. © Grycaj, Fotolia

Santé

Cancer du sein : un antibiotique offre un nouvel espoir

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La clofazimine, un antibiotique connu depuis 70 ans, serait efficace contre un sous-type de cancer du sein particulièrement agressif et souvent résistant aux traitements. Les résultats encourageants obtenus dans un modèle de souris ouvrent la voie vers un essai clinique.

Quels sont les différents traitements efficaces contre le cancer du sein ?  Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme. En 2012, environ 48.000 personnes ont développé ce cancer et près de 9 personnes sur 10 en ont guéri. Les Hôpitaux Universitaires de Genève nous expliquent au cours de ce film comment se déroule le traitement. 

Le cancer du sein triple négatif est un cancer agressif qui touche souvent des femmes jeunes. Son appellation vient du fait que les cellules ne présentent à leur surface aucun marqueur connu pour une thérapie ciblée. Ce cancer, difficile à traiter, représente 15 % des cas de cancers du sein et tuerait 200.000 femmes par an dans le monde, d'après un communiqué de l’université de Genève.

Ici, les chercheurs des universités de Lausanne et de Genève ont voulu bloquer une voie de signalisation, appelée Wnt, qui est activée dans le cancer du sein triple négatif. En s'appuyant sur des travaux précédents, ils ont testé la clofazimine, un antibactérien utilisé depuis longtemps pour lutter contre la lèpre. Ce vieil antibiotique tombé dans le domaine public est un médicament peu coûteux. In vivo, la clofazimine bloque la progression du cancer du sein dans un modèle de souris.

Vers une réévaluation de médicaments anciens

L'antibiotique, qui agit en bloquant la voie de signalisation Wnt, serait encore plus efficace s'il est administré avec la doxorubicine, une molécule utilisée en chimiothérapie, comme l'explique Alexei Koval, chercheur à l'université de Genève : « La clofazimine agit comme inhibiteur de la voie de signalisation Wnt : la cellule malade ne peut plus se diviser, mais ne meurt pas. La doxorubicine, quant à elle, tue les cellules arrêtées dans leur croissance. Une combinaison d'une efficacité redoutable ! »

Cette étude parue dans Cancer Letters suggère que des médicaments connus depuis longtemps pourraient être réévalués. L'utilisation de médicaments déjà autorisés est une piste intéressante car ils ont déjà subi des tests pour leur mise sur le marché, ce qui peut accélérer leur utilisation pour d'autres pathologies.

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