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Football : les pros sont les meilleurs à certains tests d’intelligence

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Les footballeurs de haut niveau ont des capacités cognitives (une composante de l'intelligence) supérieures aux joueurs amateurs et au reste de la population : plus créatifs, dotés d'une meilleure mémoire de travail ou encore mieux à-même de changer de décision en une fraction de seconde. Les recruteurs pourraient désormais soumettre les futures pépites à des tests cognitifs. Pour atteindre les sommets dans le sport, il faut donc plus que du physique et du mental !

Lionel Messi, triple Ballon d'or, affole les défenses du monde entier avec son club du FC Barcelone et la sélection argentine. Avec une conduite de balle exceptionnelle, il peut dribbler dans des espaces très réduits. Il bat les records un à un. Le dernier en date qui vient de tomber : 14 buts marqués en Ligue des champions cette saison (contre 12 auparavant), alors qu'il reste au minimum deux rencontres à jouer. Il doit donc faire preuve de facultés cognitives très nettement supérieures à la moyenne. Son petit défaut, peut-être, à la différence de son grand rival du Real Madrid Cristiano Ronaldo : un manque de créativité technique. © Cristopher Johnson, Globalite, Flickr, cc by sa 2.0

La réussite sportive au plus haut niveau passe inéluctablement par des qualités physiques hors normes, que ce soit en vitesse, en souplesse, en force, en agilité ou bien en endurance. Il faut aussi savoir se faire mal et pousser son corps jusque dans ses derniers retranchements, ce qui implique un mental d’acier. Mais cela ne suffit pas encore. Pour atteindre les sommets, il faut aussi être doté de facultés cognitives supérieures.

C'est la conclusion que vient d'apporter une étude menée par des chercheurs du Karolinska Institutet (Stockholm). Si la recherche s'intéresse au rôle de la psychologie depuis les années 1920, et que ces dernières décennies les travaux scientifiques se sont succédé, la plupart d'entre eux se focalisaient sur quelques-unes des aptitudes cognitives propres à une discipline, mais pas sur la cognition d'un point de vue plus général. Une erreur réparée par les chercheurs suédois, qui publient leurs résultats dans Plos One.

Des footballeurs avec de meilleures fonctions exécutives

Dans un premier temps, 57 footballeurs des deux sexes et de différents niveaux passaient des tests visant à évaluer leurs fonctions exécutives. Ce terme générique regroupe différents processus mentaux de la cognition, jaugeant de la capacité à produire un comportement adapté à une situation, le plus souvent non courante. Dans cette étude, ont principalement été évaluées la créativité, la mémoire de travail, la capacité à faire plusieurs choses en même temps (multitâche) et la flexibilité.

On savait que le football se jouait avec la tête puisqu'on peut l'utiliser pour marquer des buts. Mais il faut aussi se servir de son cerveau et de ses facultés cognitives pour atteindre les sommets. Cependant, il faut préciser que la majorité des fonctions exécutives ne sont pas prises en compte dans les tests de quotient intellectuel (QI). Cela concerne par exemple l'adaptabilité et la faculté à changer de décision en un laps de temps en fonction de la situation. © Tsmarkley, www.stockfreeimages.com, www.dreamstime.com

Parmi les sujets, 29 jouaient dans les meilleures équipes suédoises (15 hommes et 14 femmes), les 28 restants pratiquant à un niveau inférieur (17 hommes et 11 femmes). Leurs résultats ont été comparés à ceux retrouvés pour le reste de la population. Les footballeurs de l'élite obtenaient les meilleurs scores, que seuls 5 % des individus parviennent à atteindre. Les joueurs amateurs ont réalisé des performances inférieures, mais elles restent toujours plus élevées que celles de la population non pratiquante.

Cognition et performance footballistique : un lien établi

Le travail ne s'arrête pas là. Les chercheurs ont voulu établir s'il y avait un lien entre la réussite aux tests cognitifs et les résultats sportifs. Et la corrélation semble exister : les footballeurs avec les meilleures aptitudes cognitives étaient également ceux qui marquaient le plus de buts ou délivraient beaucoup de passes décisives.

Ce dernier critère manque cependant de pertinence, comme le concèdent les auteurs qui justifient leur choix en précisant que ces données étaient très faciles à obtenir et indiscutables. Mais au football, certains joueurs sont plus disposés que d'autres à jouer l'attaque en fonction de leur position sur le terrain et de leur rôle.

Un point reste encore à éclaircir. Ces facultés intellectuelles sont-elles innées ou ont-elles été acquises à force de pratique et d'expérience ? Cette étude ne permet pas d'y répondre. Cependant, les chercheurs pensent que les recruteurs devraient intégrer dans les tests de détections des épreuves supplémentaires, visant à évaluer la psychologie du jeune joueur. Car ce n'est pas tout de courir vite et de sauter haut, il faut aussi savoir analyser au plus vite la situation. Et cela passe par le cerveau.

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