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Quelles sont les causes de dégradation des tourbières ?

Dossier - A travers les tourbières de Saint-Pierre et Miquelon
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Les îles Saint-Pierre et Miquelon sont situées en Amérique du Nord, tout près de la côte sud de Terre-Neuve, soit à environ 20 km de la péninsule de Burin. Les îles ont une superficie totale de 242 km²...

  
DossiersA travers les tourbières de Saint-Pierre et Miquelon
 

Malgré leur immense valeur patrimoniale et en dépit de la multiplicité des fonctions qu'elles assurent et dont l'Homme, d'ailleurs, est souvent le bénéficiaire direct, les tourbières ont subi, durant plusieurs décennies, d'importantes et continuelles dégradations découlant des activités humaines.

Jusqu'au début du siècle, pourtant, les nombreuses ressources naturelles produites par les tourbières (tourbe combustible, fourrage, litière végétale, pâture, gibier, fruits...) étaient exploitées par les populations rurales pour qui ces écosystèmes précieux représentaient une réelle source de revenus économiques. Les tourbières étaient intégrées à la vie économique et sociale de ces populations et faisaient alors l'objet d'usages traditionnels extensifs pratiqués de manière le plus souvent artisanale, parcimonieuse et respectueuse du milieu et du caractère renouvelable des ressources. Ces ressources, bien que limitées, étaient tout à fait suffisantes pour les besoins de l'époque.

Mais ces activités traditionnelles ont été progressivement abandonnées à mesure du développement économique, social et démographique de notre pays, des mutations de l'agriculture et du monde rural, de l'essor de l'aménagement du territoire, des progrès dans le domaine de l'agronomie, de la sylviculture ou du machinisme agricole... En même temps que cessaient ces activités traditionnelles sur de nombreuses tourbières, alors abandonnées à leur évolution spontanée, d'autres sites ont progressivement été l'objet de nouvelles activités ayant pour objectif, sinon la disparition pure et simple du milieu, au moins son "amélioration" avec, comme vocation commune, la mise en valeur d'un milieu devenu improductif au vu des nouveaux critères économiques. Drainages intensifs agricoles, plantations de ligneux, décharges et dépôts divers, extractions industrielles de tourbe, creusements d'étangs et de plans d'eau, ennoiements, remblaiement pour la construction d'infrastructures diverses..., sont autant d'activités et d'atteintes qui se sont développées depuis la fin de la seconde guerre mondiale et ont eu raison de plusieurs dizaines de milliers d'hectares de tourbières en France.

Aussi, la superficie des tourbières françaises, supérieure à 200 000 hectares dans les années 1945, s'est vu réduire de moitié en cinquante ans puisqu'on l'estime aujourd'hui à moins de 100 000 hectares. Ce triste constat n'est malheureusement pas l'apanage de la France et c'est l'ensemble des tourbières européennes qui a connu le même sort, dans des proportions parfois bien plus dramatiques encore.

Diverses atteintes et menaces pèsent sur les tourbières telles les drainages à finalité agricole, le boisement artificiel, l'extraction industrielle de la tourbe, la création de plans d'eau, etc.

  • Remerciements à Samuel Delorme Pôle relais tourbières :