Jour du dérèglement : la France a désormais une dette climatique

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Jeudi 5 mars 2020. Dès aujourd'hui, la France a émis l'intégralité des gaz à effet de serre qu'elle pourrait émettre en un an si elle respectait la neutralité carbone. Pour y parvenir, il faudrait que la France n'émette que 80 mégatonnes de CO2 par an. En effet, cette quantité devrait correspondre aux limites de notre biosphère et de nos technologies, c'est-à-dire que ces 80 mégatonnes pourraient être absorbées par des puits de carbone (forêts, prairies, etc.) et par des techniques de séquestration. Or, en seulement deux mois et cinq jours, ce seuil a déjà été atteint.

Ces calculs ont été effectués par le cabinet de conseil Carbone 4, sollicité par le regroupement d'ONG de l'Affaire du Siècle (Notre Affaire à Tous, la fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme, Greenpeace France, et Oxfam France). Il s'est basé sur les chiffres de la Stratégie nationale bas carbone, qui sert d'outil de pilotage climatique au gouvernement français. « Tout ce que la France émet à partir du 5 mars accélère donc le dérèglement climatique », assènent les ONG.

Cette année, les émissions totales du pays en équivalent CO2 devraient s'élever à 450 millions de tonnes, selon les estimations de Carbone 4. Ils en ont conclu qu'au rythme actuel, la neutralité carbone prévue pour 2050 ne sera respectée qu'en 2085.

La France devrait émettre 450 millions de tonnes de CO2 en 2020, d'après le cabinet de conseil Carbone 4. © Georgejmclittle, Adobe Stock