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Chez les babouins, les mâles dominants sont moins malades que les autres

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Une étude démontre que les babouins mâles dominants se remettent mieux que les autres de différentes maladies. Le résultat va à l'encontre de résultats antérieurs et reste pour l'instant inexpliqué...

Les babouins appartiennent à l'ordre des primates, au même titre que les gorilles et les nasiques. À l'image, un babouin mâle tient dans ses bras un petit (au premier plan). © Henk UBentlage/shutterstock.com

Si chez l'Homme richesse et puissance vont souvent de pair avec la santé, des chercheurs américains et kenyans ont démontré une relation similaire chez le babouin jaune, une espèce vivant en groupes fortement hiérarchisés. Les résultats, publiés lundi dans les Pnas, établissent que les mâles dominants sont moins souvent malades et se remettent plus rapidement de leurs blessures. Cette observation a surpris les chercheurs, des études antérieures ayant au contraire montré que les singes dominants étaient victimes de stress et d'un système immunitaire déficient du fait de leurs nombreux accouplements.

En juillet 2011, une équipe américano-kenyane menée par de Laurence Gesquiere (de l'université de Princeton) observait que le pouvoir est stressant. Ces chercheurs avaient mesuré dans les fèces des babouins mâles alpha (dominants, donc) une plus grande quantité de glucocorticoïdes (témoins d'un stress psychologique) et de testostérone (marqueur de l'ardeur combative). Les chercheurs avaient aussi mis en évidence, de la même manière, un stress important chez les mâles du bas de la hiérarchie, concluant que chez les babouins il valait mieux être un mâle bêta, confortablement installé au milieu de l'échelle sociale.

Deux babouins jaunes mâles se provoquent, pour savoir qui est le plus fort. Si le pouvoir est stressant, il semble aussi que ceux qui le possèdent guérissent mieux de leurs maladies. © Jeanne Altmann

Domine-t-on parce que l'on est moins malade ?

Mais ce schéma n'est pas peut-être pas le bon. La recherche, financée par la Fondation nationale des sciences (NSF), a été menée durant vingt-sept ans au Kenya, entre 1982 et 2009, auprès de 166 mâles de l'espèce Papio cynocephalus vivant dans des groupes comportant entre 1 et 17 mâles. Les chercheurs ont examiné les blessures subies par ces primates, souvent à la suite d'affrontements entre mâles. Ils ont constaté qu'au sein de chaque groupe, les dominants guérissent plus vite, sans pouvoir pour autant expliquer ce phénomène. Eux aussi trouvent des quantités plus grandes chez les dominants de testostérone et de glucocorticoïdes, aux effets naturellement immunosuppresseurs (pour mémoire, la cortisone fait partie de cette famille).

« Devient-on dominant parce que l'on a un système immunitaire plus résistant ou est-ce l'inverse ? » s'interroge George Gilchrist, directeur de programme à la NSF. Réponse attendue...

Les auteurs de l'étude supputent que le stress subi par les mâles dominés, plus négatif que celui subi par les dominants, peut expliquer ces différences.

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