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L'éolien, l'énergie de l'espoir

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Propre et renouvelable, l'éolien est par excellence une énergie d'avenir. Les documents officiels du gouvernement lui-même en parlent d'ailleurs comme de la seule énergie capable d'amener la France à respecter son engagement européen pris en 2000 : faire que la part des énergies renouvelables dans la consommation d'électricité passe de 14 à 21% d'ici 2010.

L'éolien, l'énergie de l'espoir

On ne voit donc pas ce qui pourrait freiner le développement de cette source d'énergie. Et pourtant ! A la traîne par rapport à de nombreux pays qui en ont déjà vu les avantages, la France affiche 405 MW installés en 2005, soit un dérisoire 0,2% de la production nationale d'électricité ! Signalons en outre qu'elle ne compte encore aucun parc éolien en mer, tout en disposant du 2e potentiel maritime d'Europe.

A ces piètres résultats s'ajoutent d'autres embûches, semées par certains politiques : lors de la seconde lecture de la Loi d'Orientation sur l'Energie (LOE) devant l'Assemblée, des députés de la majorité ont en effet voté un nouveau durcissement des règles de l'éolien sur terre - équivalant à sa mise à mort sur notre territoire. Les amendements 122 et 123 le cantonnent ainsi à quelques très grands parcs (>à 20MW) dans des zones choisies par l'Etat, rendant quasiment les initiatives plus petites venant de communes, d'exploitants agricoles et d'acteurs locaux.

Or les attaques dont l'éolien fait l'objet sont injustifiées, et s'expliquent par divers éléments :

- la diabolisation excessive de cette énergie quant à son impact paysager, alors que tant d'autres équipements enlaidissent bien davantage nos campagnes ;

- le manque d'engagement de nos énergéticiens nationaux, au premier rang desquels EDF, qui ne mise pas massivement sur l'éolien malgré les perspectives de création d'emplois ;

- l'absence de décentralisation de notre système énergétique, accaparé par quelques hauts fonctionnaires qui veulent tout régenter ;

- la faiblesse extrême des crédits de recherche et développement français sur les énergies renouvelables (le nucléaire recueillant à lui tout seul 93% de ces crédits) ;

- la chape de plomb maintenue par le lobby nucléaire sur notre approvisionnement électrique, qui empêche de développer sereinement les alternatives auxquelles aspirent les citoyens.

L'incohérence est à son comble quand, tout en réprimant l'éolien, nos parlementaires envisagent de construire un nouveau réacteur nucléaire et d'assouplir les règles environnementales de l'énergie hydraulique (afin de permettre à EDF de grappiller quelques MW sur ses très nombreux barrages, au mépris de la vie aquatique).

Favorable au développement de l'éolien sur terre et en mer dans les conditions d'encadrement qui existent actuellement (étude d'impact et enquête publique à partir de 2,5 MW, tarif d'achat garanti), le WWF-France demande l'abandon de ces amendements et souhaite voir émerger sur ce thème une autre politique. Les sénateurs, qui vont apporter la dernière touche à cette loi les 2, 3 et 4 mai prochains, doivent revenir à la raison et favoriser le développement d'un marché pour cette énergie propre, renouvelable et abondante.

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