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Climat : Bonn n’a pas réussi à faire oublier Copenhague

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Quatre mois après l'échec des négociations climatiques du sommet de Copenhague, les Etats se sont réunis à Bonn du 9 au 12 avril pour tenter de recoller les morceaux. Mais une fois encore, les négociations se sont faites difficilement, dans la division et la méfiance. Au final, un compromis alambiqué sur l'accord de Copenhague et deux nouvelles réunions programmées.

« Fatigué du manque d’avancement »... Peu de chose de neuf en effet à l’issue des négociations sur le climat de Bonn, à part deux nouvelles réunions programmées. © Radio Nederland Wereldomroep CC by-nd 2.0

La question principale de cette réunion était la prise en compte de l'accord de Copenhague, conclu a minima, et la définition d'un programme de travail. Après trois jours de tractations tendues dans un climat de crispation, les 175 pays réunis sous la direction de l'ONU se sont mis d'accord sur l'ajout de deux réunions supplémentaires avant le sommet de Cancun (Mexique), en novembre et décembre 2010.

De l'accord de Copenhague, il n'y a nulle mention dans le document de Bonn rédigé par la présidente du principal groupe de travail de la réunion de Bonn, Margaret Mukahanana-Sangarwe (Zimbabwe). Celle-ci s'est contentée d'annoncer oralement qu'il en serait tenu compte.

L'accord de Copenhague, contesté, ne porte pourtant que sur l'objectif de limiter le réchauffement à 2°C d'ici 2100 et sur la promesse d'allouer des fonds aux pays en voie de développement pour les aider à lutter contre le changement climatique, 30 milliards de dollars (22 milliards d'euros) d'ici 2012 et 100 milliards par an (73,5 milliards d'euros) d'ici 2020.

« Pas d'accord avant 2011 »

En effet, il n'a été conclu qu'entre une vingtaine de pays et « pris en note » par les autres pays. Un grand nombre d'Etats, dont la Chine, considèrent que les procédures de négociations ont été violées, ce qui le rend caduque. Il n'a d'ailleurs pas de valeur légale, comme le rappelle Yvo de Boer, secrétaire de la convention cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques (UNFCCC).

Pour celui-ci, il ne faut pas s'attendre à un accord sur le climat avant 2011. « Je ne pense pas que Cancun fournira l'issue finale, confie-t-il. Je pense qu'on pourra peut-être se mettre d'accord à Cancun sur une architecture opérationnelle, mais il faudra davantage de temps pour transformer cela en un traité, si cela est la décision recherchée. »

Pour l'instant, la méfiance règne entre Etats du nord et Etats du sud et les engagements pris par une quarantaine de pays quant à leur réduction des émissions de gaz à effet de serre sont insuffisants pour diviser les émissions par deux d'ici 2100 et ne pas dépasser les 2°C d'augmentation. Le climat du sommet de Cancun sera-t-il différent ?

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