L’Amazonie est un endroit que l’on imagine calme. Pourtant, cette quiétude est parfois troublée par des cris d’oiseaux assourdissants. Tout particulièrement ceux de l’araponga blanc. Ils peuvent atteindre 113 décibels !

Cela vous intéressera aussi

[EN VIDÉO] Le chant silencieux des éléphants Les éléphants peuvent produire des infrasons inaudibles pour l’Homme mais qui leur permettent de communiquer jusqu’à dix kilomètres. En les décalant en fréquences, Christian Herbst, de l'université de Vienne, qui a enregistré ces chants en Afrique du Sud en 2012, nous les donne à entendre.

À vriller les tympanstympans ou faire battre le cœur ? C'est bien par amour que l'araponga blanc, désigné lundi l'oiseauoiseau le plus bruyant du monde, fait résonner son chantchant dans les profondeurs de l'Amazonie. « Il chante la première note, tourné vers l'extérieur, puis il opère une rotation dramatique, presque théâtrale (...) expulsant une deuxième note en direction de sa prétendante », décrit à l'AFP le biologiste Jeff Podos de l'université du Massachusetts à Amherst (États-Unis), coauteur d'une étude sur ce carillonneur, parue dans la revue Current Biology.

Les sons qui émanent de ce petit animal -- qui pèse à peine 250 g et est de la taille d'une colombe -- sont assourdissants. Ils peuvent atteindre jusqu'à 113 décibelsdécibels, l'équivalent d'un concert de rock bruyant, un niveau jugé à risque pour l'homme. Et les chercheurs se sont demandé comment ses prétendantes pouvaient les écouter sans s'endommager l'ouïe.

Les étonnants cris d’amour de l’araponga blanc. © Anselmo d’Affonseca, Université du Massachusetts

Limité par son anatomie

Le biologiste a pourtant eu la chance d'observer des femelles, de couleurcouleur verte, rejoindre leur heureux élu pendant sa bruyante sérénade. « Nous ne savons pas comment des animaux si petits arrivent à être si bruyants », affirme Jeff Podos. Il a utilisé des enregistreurs sonores de haute qualité et filmé l'oiseau à haute résolution pour tenter de comprendre le phénomène. 

Les chercheurs ont ainsi constaté que plus son appel devenait bruyant, plus il était court, en raison de ses capacités respiratoires limitées. Cette caractéristique anatomique devrait, selon eux, empêcher l'oiseau de battre indéfiniment des records acoustiques.