Le crowdlending, sous-groupe du crowdfunding, a un bel avenir. © Syda Productions, Fotolia

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Crowdlending : un prêt participatif pour devenir acteur de l’économie réelle

Question/RéponseClassé sous :Finances , crowdlending , financement participatif

Dans la famille grandissante du crowdfounding, voici le dernier né en son sein qui n'existe que depuis peu, le crowdlending. Cette forme de crédit destinée aux PME, via la toile, suit le mouvement de fond du financement participatif. Le crowdlending est un investissement auprès des PME au travers de plateformes digitales agrémentées. Il s'est aussi développé grâce à la multiplication des banques en ligne qui peuvent co-investir sur ces plateformes. Le crowdlending vous permet d'investir donc directement dans l'économie réelle. Découvrez le fonctionnement de ce financement participatif.

Créé en 2013 en France, le crowdlending est une tendance qui ne cesse de croître. Grâce à ses quelque 18 plateformes web répertoriées en 2018, ces investissements sont accessibles rapidement et facilement grâce à nos ordinateurs. Et c'est bien lui le grand gagnant de l'évolution du financement participatif de ces deux dernières années. Ce n'est pas un hasard, car les Français, de plus en plus soucieux de savoir comment est utilisé leur argent, s'orientent vers ce prêt participatif auprès des PME. Il permet à la fois de placer son patrimoine dans l'économie réelle, de diversifier ses placements, et de soutenir directement l'activité de PME que nous choisissons.

Le crowdlending, qu’est-ce que c’est ?

Il est un sous-groupe du crowfunding, que l'on appelle aussi financement participatif, ou socio-financement au Québec. Le crowdlending est un système innovant de prêt « par la foule » en direction des PME, géré par des plateformes digitales dédiées. Les banques, banques en ligne ou autres institutionnels, comme les mutuelles, sont aussi intéressées par cette nouvelle forme de prêt auprès des PME.

Ce sont ainsi de nombreux investisseurs qui financent un seul et même projet. Le crowdlending se fait sous forme de prêts classiques, mais également d'émissions obligataires, et ce que l'on appelait jusqu'en 2016, les bons de caisse, aujourd'hui les minibons. Depuis octobre 2016, les minibons, spécialement conçus pour le financement participatif, ont été créés. Ce sont des titres nominatifs et non négociables comportant l'engagement par un commerçant de payer à échéance déterminée, délivrés en contrepartie d'un prêt.

Crowdfounding, crowdlending en chiffres…

Parce que si l'ensemble du financement participatif connait une croissance de 20 % entre 2017 et 2018, les fonds collectés par les plateformes web de prêt, quant à eux, ont augmenté de 40 %. Pour 2018, selon le baromètre dédié, les sommes prêtées aux entreprises sont ainsi évaluées à 107 millions d'euros pour 515 projets financés. Un montant total de +26 % par rapport à 2017.

Particuliers, mais aussi institutionnels, majoritairement les banques en ligne, investissent ainsi de plus en plus dans ces prêts destinés aux Petites et Moyennes Entreprises (PME). Les prêts vont de 5.000 à 1 million d'euros, et sont d'une durée variant entre 3 et 60 mois ; les taux fluctuent entre 0 et 12 %, les coûts pour l'emprunteur se situent entre 3 et 5 % de la somme prêtée, et le coût est égal à zéro pour le prêteur.

Dernier né de la famille du crowdfunding, le crowdlending est le grand gagnant de l’évolution du financement participatif. Il s’applique aux PME et permet de soutenir directement l'activité des PME. © Buffaloboy, Fotolia

Quelles entreprises ont accès au crowdlending ?

Le prêt participatif concerne des PME avec une activité déjà établie et présentant une capacité de remboursement de leur emprunt. Elles peuvent donc offrir des gages de lisibilité dans le temps, que ce soit l'historique présenté, un chiffre d'affaire minimal demandé par les différentes plateformes, la réalisation du taux de profitabilité (ratio entre le résultat net comptable et le chiffre d'affaires hors taxes), la réalité du flux de trésorerie, cash flow, la capacité d'endettement...

Comment choisir son prêt participatif ?

Il convient de bien choisir la plateforme : son ancienneté, sa taille, sa cote de popularité, le montant des financements en cours, la sélection des entreprises financées, les taux d'intérêt proposés, le taux de défaut constaté des entreprises, les recours proposés en cas de non remboursement, mais aussi sa vocation à soutenir des entreprises « vertes »...

Ensuite, il faut sélectionner avec discernement l'entreprise et son projet : chaque plateforme présente les projets à financer et l'entreprise emprunteuse comme le montant demandé, la durée de remboursement, le délai pour obtenir les fonds, le chiffre d'affaires, le résultat d'exploitation. La plupart des plateformes attribuent une note aux opérations selon leur niveau de risque. Le taux d'intérêt proposé en découle. Ainsi, plus le taux d'intérêt proposé est élevé, et donc plus le gain potentiel est attractif, plus le risque est grand.

Quels sont les risques ?

  • La défaillance de l'entreprise emprunteuse qui ne peut plus rembourser son crédit. Un risque réel qui oscille, officiellement d'après les plateformes entre 0 % et 3,1 % -- des chiffres qui apparaissent cependant sous-estimés. La plateforme peut engager des procédures de recouvrement pour tenter d'obtenir le remboursement de la créance. Si elle a souscrit une assurance, elle peut aussi y avoir recours pour l'indemnisation des « prêteurs ».
  • La disparition de la plateforme en cas de cessation d'activité. Les remboursements seront quand même effectués. C'est l'établissement de paiement partenaire, banque ou banque en ligne, qui gère l'argent et qui le garantit par le compte de cantonnement, c'est-à-dire le blocage d'une certaine somme sur le compte débiteur.
  • La défaillance de la banque est une réalité très rare grâce à la réglementation bancaire. Dans ce cas, les dépôts sont couverts par une garantie de dépôts qui s'élève jusqu'à 100.000€ par client.

À savoir

Depuis janvier 2016, la déductibilité fiscale des pertes s'applique aux prêts participatifs conclus. Le conseil : pour diminuer les risques, mieux vaut investir dans plusieurs projets en même temps que dans un seul.

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