Réparer un appareil plutôt que le jeter : un avantage pour nos finances et un bienfait pour notre Planète. © Spareka
Maison

Réparer n’est heureusement pas jeter grâce à Spareka

ActualitéClassé sous :économie circulaire , DIY , développement durable

Un rapport de l'ONU révèle que près de 56 millions de tonnes de déchets électriques et électroniques ont été générés dans le monde en 2021. Et si nous réparions nous-mêmes pour en réduire le montant et allonger la durée de vie de nos appareils ? C'est toute l'idée de Spareka, start-up fondée par Geoffroy Malaterre.

Explorez les interviews de chercheurs, photographes, voyageurs témoins d'un monde qui change sous le joug du réchauffement climatique.
Cela vous intéressera aussi

[EN VIDÉO] Interview 1/5 : penser à long terme avec le développement durable ?  Qu’est-ce que le développement durable et ce concept est-il applicable ? François Moisan, directeur exécutif de la stratégie et de la recherche de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), connaît bien ces questions et répond au micro de Futura-Sciences. 

Geoffroy Malaterre, CEO de Spareka, nous explique la vision de sa start-up et comment elle contribue à prolonger la durée de vie de nos appareils électroniques.

Futura : Pouvez-vous expliquer votre concept à ma grand-mère ?

Geoffroy Malaterre : Spareka accompagne toutes les personnes qui ont compris que réparer un appareil défectueux était plus avantageux pour le portefeuille et la planète. Cela passe d'abord par un diagnostic en ligne pour identifier la cause de la panne via un chatbot gratuit ou en visio avec un technicien. Dans 65 % des cas, il n'y a pas besoin de changer de pièce mais si nécessaire nous proposons la vente de la pièce adéquate et des tutoriels pour la changer.

Geoffroy Malaterre, fondateur et CEO de Spareka. © Spareka

Futura : Quelle est votre solution ?

Geoffroy Malaterre : Chaque mois, Spareka accompagne près de deux millions de personnes dans la réparation et l'entretien de leurs appareils grâce à nos conseils et un catalogue de plus d'un million de pièces détachées dans plus de 46 catégories de produits. En tout, plus de 900.000 appareils ont ainsi pu être réparés, ce qui correspond à 420 millions d'euros économisés et 31.700 tonnes de CO2 évitées. Sans compter la montée en compétence de toutes les personnes qui se lancent et la fierté qu'elles développent en étant plus autonomes et en participant au développement durable. Ça commence à rentrer dans les mœurs et plus encore depuis la crise sanitaire, et c'est tant mieux !

Futura : Pourquoi votre start-up va changer le monde ?

Geoffroy Malaterre : Depuis 2012, Spareka est devenue un acteur central de l'économie circulaire en France. Nous avons notamment été consultés pour la conception de l'indice de réparabilité qui a été instauré le 1er janvier 2021 dans le cadre de la loi Agec (anti-gaspillage et économie circulaire). Nous collaborons avec les éco-organismes pour que le fonds réparation, créé dans le même cadre pour financer le coût de la réparation de certains produits, prenne aussi en compte les réparations à distance en visioconférence. Avec l'Ademe, nous avons travaillé sur leur site « Longue vie aux objets » et à la mise en place du projet « Génération réparation » qui a pour objectif de sensibiliser et d'initier les collégiens et lycéens à la réparation des appareils de leur quotidien.

L'aide à la réparation en visio. © Spareka

Futura : Comment est né le projet et quelles sont les prochaines étapes ?

Geoffroy Malaterre : En 2012, à l'heure où l'obsolescence programmée commençait à être dénoncée, mais que la notion d'économie circulaire n'existait pas encore, je me suis rendu compte de tout le potentiel que représentait la possibilité de permettre à chacun de réparer son appareil. D'autant que selon l'Ademe, si la réparation coûte plus de 30 % du prix de l'appareil, il n'est pas réparé mais jeté et remplacé. Aujourd'hui, 40 % du gros électroménager en déchetterie est donc réparable et réutilisable. J'ai monté le projet avec une première levée de fonds, puis une nouvelle actuellement pour développer la plateforme en modèle de place de marché accessible en France et à l'international pour recenser jusqu'à 40 millions de pièces.

Futura : Si vous étiez Premier ministre, quelle mesure phare mettriez-vous en place ?

Geoffroy Malaterre : En tant que Premier ministre, je me positionnerais en faveur d'une baisse de la TVA sur la réparation et les produits reconditionnés, car ce serait un signal fort pour que l'ensemble de la population s'intéresse à la question et à ce secteur primordial à l'avenir. Je rendrais aussi obligatoire la réparation de l'ensemble des appareils du secteur public.

Futura : À quoi va ressembler le monde en 2050 ?

Geoffroy Malaterre : Nous partons de loin. Pendant longtemps nous vivions dans un contexte de marché où les fabricants incitaient à ne pas réparer ou en tout cas faisaient leur possible pour que cela n'arrive pas et où les distributeurs faisaient leur marge sur les garanties et leurs extensions. Heureusement les choses évoluent et de plus en plus d'acteurs du secteur prennent conscience de l'importance de la question pour la planète mais aussi économiquement car la panne représente un moment crucial pour une fidélité à une marque. Même Apple a fait machine arrière par rapport au mouvement Right to repair. Alors que leurs ordinateurs ou iPhone étaient quasi impossibles à réparer seul, la marque à la pomme a finalement lancé son Self Service Repair, pour que chacun puisse réparer en ayant accès aux outils et pièces détachées d'origine Apple.

Futura : Quel sujet d'actualité de Futura vous a passionné ?

Geoffroy Malaterre : J'ai beaucoup aimé l’article sur l’histoire des ampoules. Vous connaissez l'histoire de l'ampoule d'une caserne de pompiers aux États-Unis qui a été posée au début du XXe siècle et qui fonctionne toujours ? Voilà une belle preuve de la capacité que nous avons de construire des produits durables.

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour. Toutes nos lettres d’information

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !