Le drone taxi EHang 184 a été dévoilé lors du salon Consumer Electronics Show 2016. Il est équipé de quatre rotors à double hélice et fonctionne avec une batterie lithium-polymère de 14,4 kWh qui lui assure 23 minutes d’autonomie. © EHang

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Le drone taxi Ehang 184 volera dès cet été à Dubaï

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Par Marc Zaffagni, Futura

La ville de Dubaï aux Émirats arabes unis compte lancer le premier service de transport par drone dès cet été. Elle s'est associée avec le fabricant chinois Ehang qui a conçu un quadrirotor capable d'emmener un passager sur des trajets interurbains n'excédant pas 50 kilomètres.

EHang 184 : ce drone taxi vous emmène partout en un clin d’œil  L’idée d’un taxi personnel et autonome est séduisante, surtout si celui-ci est capable de voler comme le EHang 184. En plus de pouvoir se déplacer rapidement et d’être intégralement électrique, le véhicule ne demande aucune connaissance de pilotage. Le voici présenté en vidéo. 

Dubaï, la plus grande ville des Émirats arabes unis, semble bien décidée à se placer à l'avant-garde en matière de transport urbain. Récemment, un accord a été conclu avec la société Hyperloop One, l'une des quatre sociétés (Hyperloop Transportation Technologies, TransPod, Arrivo) qui travaillent à concrétiser le projet de train subsonique. L'objectif est d'étudier la possibilité de créer une ligne Hyperloop reliant la ville à la capitale Abu Dhabi en 12 minutes contre environ deux heures par la route. Mais Dubaï s'intéresse également à la voie des airs, et plus particulièrement aux drones taxis.

L'autorité en charge des transports (Roads and Transport Authority) vient d'annoncer qu'elle avait procédé à des essais du drone conçu par la firme chinoise Ehang et comptait lancer un service commercial de taxi à partir de juillet prochain. Dévoilé au Consumer Electronics Show 2016, l'Ehang 184 est un drone quadrirotor qui peut transporter un passager et un bagage léger (100 kg au total) en volant jusqu'à 500 mètres d'altitude et jusqu'à 100 km/h pour un trajet qui ne dépasse pas les 50 kilomètres.

Totalement autonome, ce drone taxi est dépourvu d'instruments de vol. Le client commande sa course via une application sur son smartphone. Une fois à bord, il indique sa destination à l'aide de la tablette tactile qui se trouve devant lui et c'est tout. Le drone décolle vers sa destination, suivi par un centre de contrôle au sol avec lequel il communique par une liaison 4G

La ville de Dubaï aux Émirats arabes unis sera vraisemblablement la première à inaugurer un service de transport de personnes par drone. © Roads and Transport Authority

Airbus et Uber travaillent aussi sur le drone taxi

En juin dernier, Ehang avait obtenu l'aval des autorités nord-américaines pour réaliser des tests dans l'État du Nevada en vue de revendiquer un certificat de navigabilité. Rappelons que le concept du drone de transport intéresse fortement plusieurs autres grandes firmes. Le service de véhicule de transport avec chauffeur Uber a récemment révélé qu'il travaillait à un projet de drone taxi. Airbus a créé une division baptisée Urban Mobility et espère présenter un premier prototype capable d'emporter une personne d'ici la fin de l'année.

Cependant, aussi séduisante soit-elle, l'idée a aussi soulevé beaucoup de scepticisme. Entre les obstacles techniques, la nécessité d'adapter les réglementations aériennes pour autoriser la circulation de ce type d'engin volant et les questions de sécurité, beaucoup prédisaient qu'il faudrait compter encore au moins une décennie avant de voir émerger ce genre de service. Pourtant, Ehang entend commercialiser son drone taxi courant 2017. En cas de succès, l'expérimentation qui sera menée à Dubaï pourrait jouer un rôle d'accélérateur dans le développement de ce mode de transport.

Pour en savoir plus

Le drone taxi EHang 184 va prendre les airs

Article de Marc Zaffagni paru le 10/06/2016

Le projet de drone taxi de la société chinoise EHang vient d'obtenir l'aval des autorités nord-américaines pour réaliser des tests dans l'État du Nevada. Le but : obtenir un certificat de navigabilité. Dépourvu de commandes manuelles, l'appareil peut transporter un passager sur un trajet n'excédant pas 23 minutes. Prêts à embarquer ?

Voici comment les choses pourraient se passer d'ici disons 15-20 ans. Il est 8 heures du matin et vous êtes en retard pour aller au travail. C'est l'heure de pointe, la circulation est dense et vous doutez d'arriver à temps en empruntant les transports en commun. Loin de céder au stress, vous sortez votre smartphone et commandez un drone taxi. Quelques minutes plus tard, celui-ci arrive par la voie des airs. Vous n'avez plus qu'à monter à bord et à indiquer votre destination sur la tablette tactile. L'engin décolle et vous emmène à bon port en évitant les obstacles sur son chemin. Science-fiction ? Pas tant que cela...

En janvier dernier, lors du Consumer Electronics Show de Las Vegas (États-Unis), la société chinoise EHang a fait sensation en présentant son drone autonome destiné au transport de personnes. L'EHang 184 est un quadrirotor muni de huit hélices. Il est capable d'emporter un passager et ses bagages (100 kg maximum) pour un trajet qui ne doit pas dépasser 23 minutes. L'engin peut voler à 100 km/h jusqu'à 500 mètres d'altitude et naviguer en totale autonomie. À bord, pas de commandes manuelles, juste une tablette tactile pour indiquer la destination.

Voici l’application sur laquelle les futurs passagers du drone taxi EHang 184 pourront programmer leur itinéraire. Il n’existe pas de commandes manuelles pour intervenir. En cas de défaillance, l’appareil est censé se poser rapidement dans la zone praticable la plus proche. © EHang

Il faudra vaincre l’appréhension du public

Bien que le concept ait suscité un certain scepticisme, le projet avance. Aux États-Unis, dans l'État du Nevada, le bureau du gouverneur en charge du développement (Governor's Office of Economic Development) et le Nevada Institute for Autonomous Systems (une structure à but non lucratif parrainée par l'État) viennent de conclure un accord avec EHang pour lui offrir la possibilité de tester son drone taxi. Les essais, qui devraient débuter cette année, se dérouleront sur l'un des sites de la Federal Aviation Administration (FAA) dédiés aux tests de drones.

Le Nevada Institute for Autonomous Systems va assister EHang en l'aidant notamment à développer des critères de tests susceptibles d'être retenus comme valides par la FAA en vue d'obtenir une certification de navigabilité. On ignore encore si ces essais seront réalisés en conditions réelles avec un passager à bord.

L'entreprise chinoise, qui commercialise des drones de loisir, estime que sa solution est écoresponsable et idéale sur des trajets de petites et moyennes distances. Elle se veut rassurante quant à la sécurité du dispositif dont les systèmes vitaux sont tous redondants. « Si un quelconque composant se déconnecte ou connaît une défaillance, l'appareil se posera immédiatement dans la zone la plus proche possible », assure EHang.

Toutefois, le chemin sera sans doute long avant que ce genre d'appareil ne soit autorisé à circuler. Surtout, il faudra vaincre l'appréhension légitime du public. Mais, qui sait, une fois que les voitures autonomes et les drones livreurs feront partie de notre quotidien, peut-être verrons-nous le drone taxi comme un moyen de transport parmi d'autres...