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Lundi 1er avril, les poissons ont envahi Futura-Sciences

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C'était marée haute, et à fort coefficient, hier, sur Futura-Sciences. Inondée, la rédaction a laissé cinq poissons frétiller dans les actualités. Les pêcheurs de nouvelles fraîches ne pouvaient que les remonter dans leurs filets.

Dame Nature a engendré de bien jolis poissons. © tryphon4, Flickr, cc by nc sa 2.0

Le weekend pascal est passé, et avec lui le premier avril. Il faut maintenant reprendre les choses sérieuses, lâcher le chocolat et appeler un chat un chat, ou un poisson un poisson. Les cinq articles d'actualité publiés hier, lundi 1er avril, ne résultaient que de l'imagination débridée de la rédaction, laquelle s'est engagée à ne pas recommencer avant le 1er avril 2014.

L'immortalité n'est pas pour demain

Qu'y avait-il de faux dans l'article consacré au projet Lazarus, issu du Human Brain Project ? L'University of Antarctica n'existe pas, ni John Von Turing. On aura reconnu dans ce patronyme les références aux deux principaux fondateurs de la théorie des ordinateurs, John Von Neumann et Alan Turing (celui-ci n'ayant jamais eu de descendance). En revanche, aussi délirant que cela puisse paraître, Ray Kurzweil envisage réellement de faire renaître un jour son père. Martine Rothblatt, qui fut Martin Rothblatt, anciennement Martin Rothblatt, un avocat, qui a fondé dans les années 1980 des compagnies s'occupant de satellites de télécommunications, va plus loin dans le délire en proposant effectivement aux internautes une immortalité numérique...

Si le projet Lazarus n'existe pas, un certain nombre de personnes sont susceptibles de l'entreprendre. D'aucuns, comme l'auteur de ces lignes (qui sympathise pourtant avec les thèses transhumanistes), considéreront cela comme de la pseudoscience inquiétante, à l'heure où la plus grande rationalité est nécessaire devant les enjeux qui attendent l'humanité à l'avenir.

Il y a bien eu une tempête de sable en Australie au début du mois de janvier 2013, alors que régnait une éprouvante canicule. Mais cette chaleur australienne n’a pas contribué à la fonte des glaces arctiques… © Nelson Stardein, YouTube

C'est confirmé : pas de printemps en France cette année !

Que l'on se rassure, le printemps aura bien lieu, il est simplement en retard. Les prévisions saisonnières annoncent seulement une tendance fraîche pour les mois d'avril et de mai. Ensuite, les températures grimperont tranquillement sans pic brutal. 

Il y a quelques vérités dans cet article. La fonte exceptionnelle de la glace de mer en Arctique, qui a culminé en septembre 2012, a encouragé des incursions des fronts polaires vers nos latitudes, l'une des causes de notre hiver relativement froid. Quant à « la forme plutôt sinusoïdale du courant-jet », elle est... vraie, et aurait favorisé la trajectoire de l'ouragan Sandy vers les États-Unis. Mais bien sûr, la météorite de l’Oural, avec ses 17 mètres, n'a eu aucune influence sur le climat !

En Australie, même si la canicule record de 2012 a bien duré un mois et demi, son impact sur la circulation atmosphérique méridienne est négligeable. La cellule de Hadley, qui emporte de la chaleur sur plus de 3.300 km, ne peut pas atteindre le Groenland. Enfin, la tempête de sable, qui fut impressionnante et riche en aérosols, n'a pu se propager dans la stratosphère qu'après une exagération avrilesque.

Les bactéries n'altèrent pas à ce point notre libre arbitre...

Du fond de l'intestin, les bactéries pourraient-elles nous mener par le bout du nez ? Non, bien sûr, mais tout n'était pas faux dans ce poisson-là. Il est vrai que les micro-organismes grouillant dans notre système digestif forment avec nous une sorte de symbiose : en échange de nourriture, ils nous aident à lutter contre les infections. Il est vrai également que les bactéries influencent le comportement : en greffant une nouvelle flore intestinale à des souris « timides », des chercheurs ont réellement pu les rendre « aventureuses ». 

En revanche, aucune expérience n'a interverti la flore intestinale de deux animaux d'espèces différentes. Les souris ne courent pas encore après les chats ! Comme on l'aura compris, les docteurs Anete Aprilsfool et Jaan Duped sont le pur fruit de notre imagination, et, évidemment, aucun chercheur ne s'est amusé à analyser la flore intestinale de 300.000 personnes. Il est donc peu probable que les micro-organismes dirigent l'économie mondiale... Cela n'a pas encore été prouvé en tout cas !

Les bébés continuent d'étonner les scientifiques par leurs capacités à observer et tenter de comprendre les humains autour d'eux. Pourraient-ils se liguer pour se débarrasser d'adultes gênants ? © D. Clow Maryland, Flickr, cc by nc sa 2.0

Les bébés sont-ils machiavéliques ?

Pas au point de se liguer avec la description que nous avons faite d'un tel complot des bébés. Les tout-petits sont encore trop jeunes pour faire leur crise d'adolescence, agresser physiquement l'autorité et fuguer. Bien que l'âge de l'entrée dans la puberté diminue, il semble assez improbable que leur cerveau en développement leur permette de bâtir des plans aussi machiavéliques. Certes, une étude récente sur le comportement de bébés de neuf mois a démontré que nos petits anges n'étaient pas toujours tendres. Ils semblent en effet préférer les adultes qui s'en prennent aux personnes ne leur ressemblant pas.

En revanche, si la collaboration existe dans le monde animal et que les complots régissent par exemple les sociétés de chimpanzés, les petits d'Hommes ne sauraient planifier une attaque coordonnée ou une fuite digne d'un film hollywoodien. Dans les premiers temps de la vie, le bébé n'a pas encore conscience que ses actes ont des répercussions sur le comportement des autres. Réagissant à son échelle, il n'ira pas vers les autres membres d'une injustice pour fomenter des représailles collectives.

Non, Google ne va pas instrumentaliser les pigeons

Google a bien utilisé des voitures, des vélos, des motoneiges et même des randonneurs pour alimenter son célèbre Google Street View. En revanche, les Google Bird sont une invention. La miniaturisation de l'électronique a permis de fixer des caméras ou des appareils photo sur des oiseaux, mais leurs performances sont loin de celles présentées dans l'article (par exemple la vision à 360°).

De même, l'alimentation électrique poserait problème. Des cellules photovoltaïques souples en polymères (elles existent) pourraient faire progresser l'autonomie, mais peut-être pas au point d'en faire des vestes solaires pour pigeons. 

Quant à Alexandre Guimaut, censément créateur des Google Bird, il existe bien (à une inversion de syllabes près) mais depuis peu, et il devra encore attendre plus de deux décennies pour pouvoir jouer ainsi à l'ingénieur. Inutile, donc, de courir acheter du répulsif pour pigeons. Nos amis naturistes, tout comme les autorités chinoises, coréennes ou iraniennes, peuvent donc dormir sur leurs deux oreilles.