Les deux versions du futur lanceur Vulcan se différencieront par le nombre de boosters d'appoint (quatre pour l'une, six pour l'autre) et le diamètre de la coiffe (4 et 5 mètres). © ULA

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Vulcan, le nouveau lanceur d'ULA pour contrer SpaceX

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La décennie 2020 devrait compter de nouveaux lanceurs. Aux appareils russes et européens de la famille Angara et Ariane 6, s'ajoutera Vulcan. Ce lanceur américain a été dévoilé par la United Launch Alliance (ULA) qui a pour seul client le gouvernement des États-Unis. Il remplacera progressivement la gamme des anciens lanceurs de la firme pour faire face à la concurrence de SpaceX et à la nécessité de ne plus dépendre des technologies russes.

United Launch Alliance (ULA), une co-entreprise créée entre Boeing et Lockheed Martin pour exploiter les Atlas V de Lockheed Martin ainsi que les Delta II et IV de Boeing, a dévoilé son futur lanceur. Baptisé Vulcan, il s'agit d'un lanceur à deux étages partiellement réutilisable dont la mise en service est prévue en 2020. À la différence de SpaceX, qui veut récupérer et réutiliser le premier étage de son lanceur Falcon 9, ULA a choisi de récupérer les seuls moteurs des boosters d'appoint.

Ce lanceur sera décliné en deux versions. L'une serait dotée de quatre propulseurs à poudre d'appoint avec une coiffe de 4 mètres et l'autre, à six boosters, utiliserait une coiffe de 5 mètres. Quelle que soit l'option choisie, l'étage supérieur sera une version légèrement modernisée de l'actuel Centaur des lanceurs Atlas.

À l'horizon 2023, cet étage sera remplacé par un étage supérieur cryogénique de plus forte puissance baptisé ACES. Il permettra à Vulcan d'atteindre la performance des Delta IV Heavy, capables de lancer 13,8 tonnes en orbite de transfert géostationnaire et plus de 30 tonnes en orbite basse. Cet étage ACES à moteur cryogénique (oxygène et hydrogène liquides) sera capable de multiples réallumages lui conférant une durée de fonctionnement en orbite de quelques heures à plusieurs semaines, ce qui ouvrira des possibilités inédites d'utilisation en orbite qui, à ne pas en douter, raviront les militaires.

En raison de la montée en puissance du Falcon 9, SpaceX pourra se targuer d'avoir influencé la définition de la future Ariane 6 et du Vulcan. ULA se devait d'adopter un nouveau lanceur sans moteur russe (aujourd'hui, certains de ces lanceurs utilisent le moteur RD-180) et de proposer un lanceur moins cher alors que le gouvernement américain s'apprête à autoriser SpaceX à concourir pour lancer ses satellites. © SpaceX

Le moteur 100 % américain pourrait être le BE-4 de Blue Origin

À nouveau lanceur, nouveau moteur. Vulcan ne déroge pas à cette règle. ULA, dont un des lanceurs utilise des moteurs russes RD-180 va ainsi se défaire de cette dépendance, ce qui fera plaisir au Congrès américain qui, malgré les très bonnes relations spatiales entre les deux pays, n'en veut plus. Le premier étage du Vulcan sera propulsé par un moteur 100 % américain qui pourrait être le BE-4 que développe actuellement Blue Origin, la firme de Jeff Bezos également engagée dans le tourisme spatial, dans le cadre d'un partenariat avec ULA. Par ses performances, il couvrira tous les besoins américains et sera donc capable de transporter tout type de charges utiles vers toutes les orbites.

ULA, qui a pour seul client le gouvernement des États-Unis, assure l'essentiel des lancements des satellites américains. Tous satellites confondus, elle détient 70 % du marché et effectue 100 % des lancements de satellites militaires. Une position dominante que dénonce SpaceX pour qui l'enjeu est moins d'offrir des tirs moins chers au gouvernement américain que de provisionner un nombre suffisant de lanceurs et une importante cadence de tirs, nécessaire au maintien de ses tarifs bas sur les marchés commerciaux. À ce jour, les coûts de commercialisation du Falcon 9 ne reflètent pas exactement ces coûts d'utilisation et de production.

Du côté d'Arianespace, on ne se soucie pas de ce futur lanceur. ULA est en effet trop accaparée par le marché américain (95 lancements réalisés avec succès depuis 2006) pour se positionner sur les marchés du lancement de satellites ouverts à la concurrence et faire de l'ombre à l'actuelle Ariane 5 et la future Ariane 6.