Santé

Radium et polonium : une radioactivité redoutable

Dossier - Les poisons dans l'histoire
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L’Homme utilise les poisons depuis la Préhistoire. Plantes, champignons, animaux, micro-organismes… Certains servent parfois aussi à fabriquer des médicaments. Ce dossier dresse un panorama des différents poisons, des potions de sorcier aux armes chimiques.

  
DossiersLes poisons dans l'histoire
 

Le radium et le polonium ont tous deux été découverts par Pierre et Marie Curie, en 1898. Ces éléments radioactifs étant nocifs pour la santé, ils représentent des poisons potentiels.

Radium et polonium sont des éléments radioactifs redoutables. © Geralt, DP

Radium et polonium, des poisons radioactifs

Le radium et le polonium sont extraits des minerais d'uranium, et notamment de la pechblende. Le radium est un métal blanc, et c'est l'un de ses isotopes, le radium 226 qui émet des rayonnements alpha et gamma. En revanche, tous les isotopes du polonium sont radioactifs. Le polonium 210, issu de la désintégration de l'uranium 238, émet un rayonnement alpha particulièrement nocif pour l'ADN des cellules. Le polonium doit son nom au pays d'origine de Marie Curie (la Pologne).

Ce symbole signale un danger radioactif. © Sarang, Wikimedia Commons, DP

La radioactivité du radium a des conséquences sur la santé

La découverte du radium a suscité un véritable enthousiasme de la part de l'opinion publique au début du 20e siècle, alors que ses effets sur la santé n'étaient pas encore connus. On trouvait alors du radium dans les médicaments, crèmes, savons, et même sur les cadrans de montres et de réveil. Le radium présent dans les peintures de ces derniers permettait de lire l'heure la nuit grâce à l'émission d'une lueur bleutée ! Les ouvrières qui peignaient ces cadrans de montres ont souffert très tôt de cancers. Des soupçons ont progressivement été émis sur la nocivité du radium, notamment en raison des maladies développées par les travailleurs à son contact dans les années 1920-1930.

L'empoisonnement au polonium d'Alexandre Litvinenko

Alexandre Litvinenko, opposant à Vladimir Poutine, trouva l'asile politique en Grande-Bretagne. En novembre 2006, il tomba brutalement malade et mourut en trois semaines. L'autopsie révéla qu'il avait succombé à une intoxication au polonium 210. Selon un rapport de la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad), quelques microgrammes de polonium auraient pu suffire à cet empoisonnement. De la radioactivité a été détectée sur des vêtements des proches de Litvinenko et dans des avions de la British Airways que les assassins auraient probablement empruntés.